‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 22 sur 204 · LIVRE TRENTE-TROISIËMB. i · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIËMB. i

qa'il était inutile de discuter quand tout le monde était d'accord ' .

Malgré son axiome , Grégoire ne jugea pourtant pas inutile de dire pourquoi il abolissait la royauté. « Les rois, dit-il, sont dans L'ordre moral ce que les monstres sont dans l'ordre physique. Les cours sont l'a(elt«rdes crimes et la tanière des tyrans. L'histoire des rois est le martyrologe des nations '. » Cette raison, et cette autre donnée aussi par Grégoire, que « toutes les dynasties n'ont jamais été que des races dévorantes, ne vivant gue de chair humaine', » panirent suffisantes pour renverser immédiatement une institution naUonale et séculaire , à laquelle la France devait sa force, sa richesse et sa splendeur.

Toutefois , et par un étrange enchevêtrement de principes contraires, la Convention reconnut par un vote solennel, rendu sur la proposition de Danton et sur la rédaction de Couthon, qu'elle n'avait pas le droit de changer, a priori, les institutions anciennes et d'en établir de nouvelles , sans l'assenr timent de La France. Voici le texte de cette déclaration, qui était, au moment même où elle était proclamée, ta condamnation de la République : .

« La Convention nationale déclare qu'il ne peat y avoir de constitution que lorsqu'elle est acceptée par le peuple *. »

> Jfoniteur du SS s^temlM^ 479S.

s Ibid.

* Ibii.

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48 HISTOIRE DU DIBECTOIRE.

La France avait, depuis 1789, traversé successivement tous les divers régimes de la Révolution, sans avoir jamais été loyalement et utilement consultée sur aucun; manquement étrange à la pins vulgaire bonne foi, pour des gouvernements qui se prétendaient fondés sur la volonté nationale!

Assurément il n'est pas toujours indispensable qu'un peuple ait fait ou consenti expressément son gouvernement pour lui devoir l'ordre , la force ou la gloire; mais plus un régime affecte de se passer, en s'établissant , de l'assentiment public , plus il est tenu de s'en montrer digne par ses services.

Ce n'est pas ainsi que la République avait en général compris ses devoirs et sa mission.

Elle était descendue des clubs de Paris sur la France , s'imposant au calme des campagnes par la turbulence des villes, aux hommes laborieux et désintéressés par les hommes oisife et ambitieux. Il avait fallu céder à ses caprices, à ses tyrannies, se courber devant ses proconsuls et ses bourreaux. Elle avait contre elle son nom , sans avoir pour elle ses œuvres.

C'était donc s'abuser étrangement sur elle, sur son autorité, de multiplier les fêtes pour l'honorer et les serments pour la défendre. Dieu n'était pas moins absent que le vrai peuple de ces vaines cérémonies faites dans les temples profanés; et tout ré- ■gime qui, avec l'ordre et la sécurité, viendrait protéger les croyances, trouverait peu d'obstacles dans

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