‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 27 sur 204 · LIVRE TBENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TBENTE-QUATRIÈME

ardente, s'émurent, lorsque des proconsals en mission, instruments de basses vengeanoes, remplirent les prisons de pauvres villageois, étrangers aux partis politiques, et coupables |)eut-étre d'un mot de pitié pour les malheurs de leurs voisins ou pour les convulsions de leur pays. Les sociétés populaires da département de l'Ain envoyèrent des (Mpufatioas pour demander au moins une limite à ta persécution , par nne définition qui fit clairement connaître ce qu'oa entendait par les gens suspects '.

La définition des suspects fat donnée en effet le 17 septembre, dans la loi présentée par Merlin, au nom du comité de législation; et cette définition était telle, que la loi pouvait, au l>esoin, s'étendre à la France entière.

Etaient suspects, et, comme tels, devaient être immédiatement mis en prison et gardés, à leurs frais :

1 * CeuTL qui , par leur conduite , ou par leurs relations, ou par leurs propos, s'étaient montrés soit partisans du fédéralisme, soit ennemis de la liberté;

3" Ceux à qui il avait été refusé des certificats de civisme;

3° Ceux qui , ayant été révoqua de fonctions , n'avaient pas été réintégrés;

4* Les maris, femmes, pères, mères, fils, 611es,

■ Amar et Merlino, en mission dans le dëparlement de l'Ain , y STueot déjà bit arrAter emq état* personnes cnrane tusfteUt. — Jfonifeurdu il mai 4793. Séance de la Convention du 49.

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frères, sœurs ou jigenls d'émigrés, qui n'avaient pas constamment maaifesté leur attachement à la Révolution;

5° Ceux qui avaient énugr^ du i" juillet 1789 au 8 avril 1 792 , lors mime qu'ils seraient rentrés dam le délai fixé par la loi ^ .

On le voit, cette loi était un immense réseau jeté, par le Comité de Salut Public, sur quiconque pouvait, de près ou de loin , faire obstacle à )'ac«opipliss&ment de ses vues. Armé de cette loi, Merlin pouvait mettre la France entière sous les verrous.

Qui pouvait dire, en eOel, que, par ses relations, il n'avait pas été partisan du fédéralisme?

Qui pouvait obliger les membres d'un comité populaire à lui délivrer un certificat de civisme, ou à le réintégrer dans des fonctions occupées par des concurrents mieux protégés?

Quel parent ou agent d'émigré pouvait établir qu'il s'était montré constamment dévoué à la Révolution?

Avec l'application de cette loi commença une époque lamentable , restée vivante dans le souvenir des familles, et qu'on appelle encore, dans les provinces, le temps de la réclusion. On ramassa dans les communes et l'on réunit dans nne église ou dans un vieux couvent du chef-lieu tout ce qui restait de nobles infirmes, de vieilles religieuses, de chevaliers

< Voir le texte de la loi des euepects au Moniteur du 49 septembre 1793.

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