‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 29 sur 204 · LIVRE TRENTB-QnATBIËHE · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTB-QnATBIËHE

c- Si mon esprit a erré, il n'en a pas été de même de mon cœur '. »

Robespierre, satisfait, lui sourit et le rassura, eu séparant sa cause de celle de Bourdon.

Tel était l'homme qui devenait, avec François de Neufchàteau, le collègue de Barras. Celait nne grande intelligence, amoindrie par un petit caractère.

François de Neufchàteau , qui fut élu à la place de Camot, était un homme d'un caractère sociable et d'un esprit cultivé. Il avait un rang convenable, ce qui était un titre sérieux, à cette époque, parmi les poètes qui , comme Andrieux , Fontanes , Laya , Pamy , Ginguené , Pons de Verdun , le chevalier Dupuy des Islets, mesdajpes de Beauhamais et de Bourdic, concouraient à orner YAlmanack des Muses.

Né en 1750, à Sassay, en Lorraine, il avait été adopté, à raison de ses succès de collège, par la ville de Neufchàte! , et autorisé à en prendre le nom. Ayant acheté successivement une charge d'avocat du roi au bailliage de Vezelise, et de lieutenant général au présidial de Mirecourt, il obtint de cumuler celte dernière place avec celle de Subdélégué de l'Intendance de Lorraine, équivalent de ce que nous nommons aujourd'hui une sous-préfecture.

■ Moniteur du lijuin 1794.

jbïGoogIc

L'amitié du maréchal de Castries, ministre de la guerre, le fit passer, en 1783, à Saint-Domingue, avec la charge de procureur du roi près le Conseil Souverain du Cap Français. 11 en revint, avec une pension du roi, à la suppression de cette cour, et le bailliage de Toul le nomma député suppléant, pour le tiers état, à l'Assemblée conslituante , où il n'eut pas à siéger.

Élu à la Législative, il y apporta les idées philosophiques de son éducation et de son temps, avec une' constante modération de caractère. La Convention l'etîraya , et il ne chercha pas à en être. Nommé président de l'administration des Vosges, comme qui dirait préfet, avec des attributions fort réduites, il y reprit, au plus fort de la Terreur, ses goûts littéraires , et fit représenter par les comédiens français, le 1" août 1793, une comédie en cinq actes et en vers, intitulée Paméla, ou la Vertu récompensée. Cette pièce , dont le sujet est à peu près le même que celui de la Nanine de Voltaire , ou plulûl de la Paméla de Richardson , donna des soupçons au Comité de Salut Public.

Les sans-culottes furent choqués de ce que la servante Paméla se trouvait noble de naissance. Le Comité de Salut Public fit suspendre la pièce , le 1 " septembre 1793; mais l'auteur ayant consenti à faire Paméla roturière, la pièce fut reprise.

Toutefois , ce ne fut pas assez ; les acteurs qui avaient joué Paméla' et l'auteur lui-même furent

jbïGoogIc

Page 1