‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 31 sur 204 · LIVRE TRENTE-QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-QUATRIEME

tivéea toute sa vie. Les études étaient alors dans un frange désarroi. Toutes les corporations enseignantes étaient détruites, et leurs dotations dissipées. Il restait peu de professeurs, et les anciens ouvrages d'enseignement , tons plus ou moins empreints d'esprit religieux ou d'espnt monarchique, étaient proscrits des écoles.

Frappé de cet état de choses, qui arrêtait l'enseignement dès sa réorganisation, Frangois de Neufcbàteau voulut essayer de suppléer aux livres absents ou inadmissibles par l'amélioratioa des cahiers élémentaires des professeurs. Il demanda à ces derniers, le 20 fructidor an VI, — 6 septembre 1797, . — par une lettre-circulaire, une copie de leurs cahiers :

a Je ferai décerner, disait-il, des récompenses honorables aux profe^eurs de chaque cours dont les cahiers auront été jugés les plus dignes du premier prix, et de l'impression aux frais de l'État.

» Nous avons tout détruit : nous y étions forcés; il faut tout régénérer. Les pères de famille demandent à grands cris des livres instructifs appropriés à nos besoins *. >■

C'est précisément avec ces cahiers, améliorés sous l'impulsion donnée au professorat par François de Neufcbiteau , que la génération lettrée de l'Empire et celle de la Restaaratioo ont été élevées. L'enseignement en avait même reçu peut-être plus d'effica-

• Moniteur du 8 octobre 1797.

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cilé, ea ce que le professeur, ayant déjà imaginé la méthode , mettait plus de personnalité dans son application et se montrait plus jaloux de son succès.

Tel était, avec Merlin, le deuxième collaborateur que Barras recevait des événements du 1 8 fructidor. Ils n'apportaient pas au Directoire le même genre d'aptitudes qu'il venait de perdre par la proscription de Barthélémy et de Carnot : mais ce n'étaient pas néanmoins deux hommes ordinaires; et comme ils étaient avec leurs collègues dans une bien plus étroite union de vues, la force du gouvernement s'en trouvait en définitive réellement accrue.

Eh bien! comment Barras comprit-il ces aspirations généreuses et ardentes de la France , partout ressenties et exprimées, ainsi que nous venons de le dire, et quel usage fil-il, pour y répondre, des coopérateurs et des forces que les événements mettaient à ses côtés et dans ses mains?

Malheureusement pour sa gloire et pour la France, Barras n'aperçut pas clairement le but oîi tendaient les intérêts et les esprits. Sentant la République craquer sourdement autour de lui , il ne songea pas et ne put pas songer , condamnée qu'elle était dans son esprit, à lui rallier l'opinion publique, en adoucissant ce qui restait encore d'excessif et même de farouche dans son régime; en montrant plus de tolé-

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