‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 33 sur 204 · LIVRE trente-quatriëhe · texte numérisé non relu

LIVRE trente-quatriëhe

« Vous craignez les prêtres? vous avez peur des ■ prêtres?... Non, ce n'est pas le fanatisme qui doit être aujourd'hui le principal objet de nos inquiétudes... De quel droit des hommes jusqu'ici inconnus dans la Révolution viendraient-ils chercher, au milieu de tons ces événements, les moyens d'usurper une fausse popularité? De quel droit viendraient-ils troubler la liberté des cultes, au nom de la liberté, et attaquer le fanatisme par un fanatisme nouveau ? De quel droit feraient-ils dégénérer les hommages solennels rendus à la vérité pure en des farces éternelles et ridicules ?

» On a supposé qu'en accueillant des oETrandes civiques, la Convention avait proscrit le cailte calholique? NonI la Convention n'a point fait cette démarche téméraire. La Convention ne la fera jamaisl...

n L'athéisme est aristocratique; l'idée d'un grand Être, qui veille sur l'innocence opprimée et qui punit le crime triomphant, est toute populaire '. »

A la suite d'un rapport empreint des mêmes idées, Robespierre provoqua et fit rendre , le 5 décembre suivant, un décret interdisant toutes violences ou toutes menaces contraires à la liberté des cultes *. Le 1 6 décembre , pendant le travail d'épuration des Jacobins, il s'opposa à ce que l'exclusion qui frappait les nobles d'une manière absolue s'étendit jus-

' MonUeur dn 26 novembre <793. — Disc, de Hobapitrre au club des Jeuxbint.

^ MonUeur du 7 décembre 4793. —Séance de la Convention du S.

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qu'aux prêtres * . Enfin , ii crut mettre un terme ou uu frein aux persécutions religieuses en faisant mourir Ghaumette et Hébert le 13 avril 1794; mais le Inauvais esprit des révolutionnaires subalternes l'Cimporla; eij quatre ans après la mort de ChaUmetle et dti Robespierre , les outrages contre la religion avaient 6 peine changé de forme, sans changer de violence.

Mais ce t}ui était peUIrètre plus révoltant, et, à coup sûr, encore plus insebsé que de persécuter tes croyances anciennes, populaires et nationales, c'était la prétention d'en établir de nouvelles, écltises tout à coup dans l'ituaginatiou des philosophes.

Vin.

Il faut les témoignages matériels et ineffaçables de l'histoire pour ajouter foi aujourd'hui aux extravagances mythologiques proposées sérieusement au peuple français par des gens qui, en définitive, n'étaient pas dépourvus de tout bon sens. Interdire à la Ténération du peuple Un hommage respectueux adressé à des hoaunes déclarés saitUt par l'Église, à raison de leurs vertus surhumaines, c'était peu raisonnable, car le culte de ce qui est noble et grand a pour nécessaire résultat d'engendrer de la gratideur et de la noblesse ; mais quel fruit attendre, par

* Moniteur du <9 décembre 1793. — Séaoce du club dos Jacobins du 13.

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