‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 36 sur 204 · LIVRE TRENTE-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-QUATRIÈME

Celte fête mémorable, qui précéda de deux mois la mort de Robespierre, soo ordonnateur, devait se terminer par l'incendie de l'Ambition, de l'Ëgoïsme, de la Discorde et de la Fausse Simplicité, tandis que, d'après le progrcimme, du milieu de ces débris fumants, devait sortir la Sagesse, n au front calme et serein ». Robespierre, tenant le flambmu de la vérité, c'est-à-dirê une torche de résine, alla mettre le feu à un groupe immense , rept'éseûtant le Monstre de l'Athéisme : mais le hasard voulut que la Fausse Simplicité, là Discorde, l'Ëgoïsme et l'Ambition fussent à peine entamées par le feu, tandis que la Sagesse fut enveloppée par les flammes et entièrement noircie '.

Les artistes les plus célèbres de cette époque, David, Ghalgrin, Chaudet, Duret, étaient employés à donner les programmes des fêtes ou à restaurer les oripeaux.

L'Hypocrisie, faite par Chaudet pour la fête de l'An VII, est portée pour deuco mille quatre cents francs dans le mémoire. La Liberté et la République coûtèrent ensemble trois mille francs.

Four la fête dti 1 4 juillet de la même aiinée, Chalgrifl avait fait tes dessins des enlbellissements du Champ de Mars. Duret réclama cinq cèhts francs pour avoir fait et fourni les bUstes de Jean-Jacques Rousseau et de Franklin j et pour avoit* i-établi celui de

t Voir ces curieux détails dans les Mémoires de Sénart, p. 186.

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76 HISTOIRE DU DIBECTOIRE.

Bnilus; mais son mémoire fut réduit à trois cent cinquante francs.

Duret joua encore de malheur pour la fête du 21 janvier suivant , restée célèbre entre ses pareilles par le refus que fit le général Bonaparte d'y assister. Son mémoire pour la restauration de la Liberté et de l'Égalité, portant qu'il avait fallu faire le bras droit en entier, ainsi que le bonnet, cimbole de la liberté, fut réduit de (rots cents francs à deux cent vingt. Le même sort fut eucouru par les mémoires portant restauration des statues de la République et de Minerve , qui étaient pourtant toutes délabrées.

FÉTB su 10 AOCT.

La fête du 1 août, dédiée à l'événement le plus subversif et le plus violent de la Révolution, fut aussi, avec celle du 21 janvier, celle qui eut pour objet d'exalter au plus éminent degré les passions démagogiques. C'était un attentat si manifeste d'avoir chassé de son palais, pour l'enfermer dans une prison et pour le faire mourir , un souverain qui , depuis son serment de maintenir et de défendre la constitution, ne l'avait jamais ni violée, ni éludée, que ses auteurs étaient forcés de chercher des complices jusque dans le ciel, a6n de s'absoudre, s'il se pouvait, aux yeux de la terre.

Le 1 août ne pouvait donc être excusé que s'il

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