‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 38 sur 204 · LIVRE TRBNTB-QOATRIÈHE. M · texte numérisé non relu

LIVRE TRBNTB-QOATRIÈHE. M

déclamations à la hauteur du temps et des hommes : « C'est à la même heure que la tète du tyran est tombée; c'est devant la statue de la liberté que va soDuer la dernière heure des brigands couronnés et de leurs infâmes satellites. »

Sur la demande de CouUion, que la Convention exprimât, « par un mouvement spontané et subit cette pensée terrible pour les tyrans, consolatrice pour les peuples : Mort auco tyrans , paix auœ cAoumières/ tout le monde, dit le Moniteur^ crie : Mort aux tyrans, paix aux chaumières! ' »

La fête décrétée, sur l'invitation de Couthon, toute l'Assemblée se leva et suivit les jacobins, qui, avec les habitués des tribunes et la Commune de Paris, se rendaient au pied de l'arbre de la liberté, planté au milieu de ta place de la Révolution.

Le cortège se mit en marche avec de grands cris, et pendant que la musique jouait l'air : Veillons au salut de V empire!

-Un jacobin , présent à la barre , avait vivement sollicité la permission de chanter un hymne patriotique; mais il dut céder à la prière qui lui fut faite de le réserver pour la statue de la Liberté '.

■ Ibigré le serment de donner la paùc aux ckaumiêret, ce fut surtout le peuple qui alimenta la guillotine.

Sur les 4S,000 victimefl dont Prudhomme a publié ta condamustion, il D'y a que 639 nobfu et 767 pritnt, tandis qu'on y vrât 3,874 paytant laboureun. S, SIS ouvriers d'état, 7t8 wmmlei e( aHtturiins , tlHh soldats.

Lts petits mUien bourgeois n'y figurant que pour l,S73.

* ifontleur du U janvier 1793. — SéancedeUConTMitioaduat.

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as HISTOIRE DO DIRECTOIRE.

Hais la Convention ne se doutait pas du genre de fête qiie les jacobins lui réservaient. La guillotine était, comme on sait, en permanence sur la place de la Révolution. Pendant que les députés entouraient l'arbre de la liberté et l'instrumeot du supplice y le bourreau introduisit tout à coup quatre victimes, et les exécuta pendant la cérémonie. Bourdon de l'Oise s'éleva , le lendemain , à la tribune , contre cette horreur. « Nous allions, dit-il, célébrer la mort d'un roi, d'un mangeur tThommes; mais nous ne voulions pas souiller nos regards d'un aussi dégoûtant et bideux spectacle. Pendant que quelques-uns de mes collègues et moi nous détournions nos re^rds de cet horrible tableau, des scélérats, soudoyés sans doute pour se moquer de notre sensibilité, ajoutaient la dérision à leur bassesse , en nous disant qu'un dépoté était du nombre '. >■

Ce n'était, en effet, qu'une dérision. l£s quatre condamnés, exécutés le 21 janvier 1794, étaient: Etienne Fichet et Jean-Marie l'Écluse, le premier lieutenant de vaisseau, le second enseigne, à bord du vaisseau le Commerce-de-Marseille; Michel Jacquelin , maître canonnier à bord du vaisseau VOrient, et Ignace Vauzon , canonnier à bord de la nftte le Mulet*.

11 y eut aussi, mais le lendemain, un député guillotiné : c'était Marc-Ântoine Bernard, de Cadenet,

' Moniteur du 13 ianvîer;i794. — Séance de la CMivention du 48. - > Moniteur du 84 janvier 4794.

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