‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 39 sur 204 · LIVRE TRfiNTE-QUATIllËHE · texte numérisé non relu

LIVRE TRfiNTE-QUATIllËHE

département de Vaucluse, suppléant de Barbaroux à la Convention.

Assurément, Bourdon de l'Oise ne saurait être oonsidéré, malgré sa sensibilité, comme ayant été doué d'une ime fort compatissante. Peu d'hommes, au contraire, même dans les tourmentes les plus furieuses de la Révolution, montrèrent autant de férocité que ce faux républicain, devenu royaliste et elichien sous te Directoire, et très-justement déporté, après le 18 fructidor, avec Picfaegru, à Sinnamary, où il mourut. Par conséquent, une cérémonie qui par ses détails arrivait à révolter Bourdon de l'Oise devait être par elle-même bien tristement scandaleuse ; et le général Bonaparte répondit à l'attente de tous les cœurs honnêtes, lorsqu'il refusa, le 31 janvier 1 798, de montrer, dans cette fête du sang versé, le glorieux uniforme de Tarmée d'Italie.

Il y avait, pour la içénération mêlée en 1797 aux affaires politiques, une raison spéciale, qui a presque disparu de nos jours, d'être choquée d'une fêle consacrée àcélébrer la mort tragique de LouîsXVL L'histoire de la Révolution a été si étrangement écrite, que beaucoup de personnes peuvent, mémo aujourd'hui , être persuadées de bonne fol que Louis XVI s'était montré opposé aux réformes opérées par la Révolution, et qu'il avait tenté de violer la constitution de 1791 . Tous les hommes politiques savaient, -au contraire, à cette époque, que le roi avait été, dès 1787, le promoteur ardent et loyal de toutes les

8i HlSTOlfiE DU DIBECTOIRE.

réformes; qu'il avait scrupuleusemeQt exécuté la constitutioD, après l'avoir acceptée, et que, loin d'avoir usurpé sur les droits de personne , il avait succombé , au contraire, pour n'avoir pas assez énergiquement défendu les droits constitutionnels de la couronne.

Ainsi, les montagnards, en faisant mourir le roi et la reine, les savaient parfaitement innocents l'un et l'autre des crimes imaginaires dont ils étaient accusés. Ils les traînèrent sur l'échafaud par raison politique, afin de compromettre la Convention, la presse, les clubs, les administrations, dans un acte tellement excessif et atroce , qu'il ne permit ni aux complices un retour vers l'ancien régime, ni aux parents des victimes un pardon.

Aussi longtemps qu'on put espérer d'établir la République , l'exaltation démagogique produite par la célébration du SS1 janvier put Stre un acte conséquent avec son principe; mais en 1797, lorsque les membres prépondérants du Direcioire , l'immense majorité des deux Conseils et l'universalité de la saine opinion publique pressentaient comme nécessaire un retour a l'unité monarcliique , en vue de consolider les résultats de la Révolution, la célébration du 31 janvier, directement opposée aux tendances secrètes de tout le monde, dénuée par conséquent d'objet politique, cessait d'être un principe pour ne rester qu'une atrocité.

La plupart des fêles de la Révolution n'étaient donc plusque de vaines cérémonies, veuves de l'esprit qui

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