LIVRE TRENTE-SIXIÈME. IK
taire, jugée el exécutée dans les vingl-quatre heures, sans appel à un autre tribunal ' .
Ces dispositions étaient applicables aux personnes qui , n'étant portées sur aucune liste d'Ëmigrés , seraient rentrées en France, après avoir émigré; et tous les Émigrés déjà détenus devaient, sans autre jugement , subir la déportation.
Toute correspondance avec les Émigrés, autre que celle qui aurait pour objet leur radiation, était rigoureusement interdite; et tout individu convaincu d'avoir écrit à un Émigré , sur un sujet quelconque, autre que sa radiation, devait être considéré comme complice d'Émigré, et, comme te), condamné à mort et exécuté sans appet.
Enfin la loi du 7 fructidor, qui venait de rappeler les prêtres déportés, était révoquée, et le Directoire était investi du droit de déporter tons ceux dont il croirait la présence sur le territoire incompatible avec l'ordre public '.
Et cette loi terrible n'était pas, aux yeux de ses auteurs, un simple épouvantail; car on trouve au Moniteur du 1 4 octobre la condamnation à mort de l'Émigré Dieudonné de Mesnard , et au Moniteur du 31 la condamnation de l'Emigré Louis-Charles Chenu.
Les vainqueurs du 18 Fructidor pouvaient donc, sans s'affaiblir, s'en tenir aux mesures draconiennes qu'ils venaient de prendre, d'autant plus que, sur le
< Art. 4K et 46 de la loi dn 49 fnictidor.
3 Moniteur dn 40 seplembre 4797.
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134 HISTOIRE DU DIRECTOIBE.
rapport furibond du Girondin Bailleul ', qui avait déclaré nécessaire el urgent de purger, avec la rapidité de réclair, le sol de la liberté des journalistes qui l'infestaienty et de déporter, sans relard, les propriétaires, entrepreneurs, directeurs, auteurs et rédacteurs de soixante-quatre journauw, le Directoire, modérant un peu le zèle du rapport, eu avait néanmoins supprimé quarante-deux *.
Eh bien! le Directoire ajouta eticore à ces violences.
Dans sa séance du 1 9 septembre 1 797 , le conseil des Cinq-Cents fut saisi de la demande d'un militaire établissant, par des certificats authentiques, qu'il avait fait partie de la garnison de Mayence pendant le siège; que, rentré chez lui, il s'était trouvé porté, en son absence, sur la liste des Émigrés; mais que n'ayant encore obtenu que sa radiation provisoire, il se trouvait, aux termes de l'article 15 de la loi du 19 fructidor, obligé de s'expatrier, sous peine de mort.
Cette situation était commune à un nombre immense de personnes. La prime du dixième des biens, donnée aux dénonciateurs d'Émigrés par les décrets
< Ce terrible Bailleul, l'Omar des journaux sous le Directoire, fut plus lard l'un des fondateurs du Coiatilutimnel. C'est lui qui , au dire do M. Thiera, de Charles Nodier et de M, de Lamartine, aurait fait servir le dernier et fabuleux banquet des Girondins.
* Moniteur du 13 septembre 4797.
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