‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 6 sur 204 · LIVRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-TROISIÈME

prise des affaires et le rétablissement des plaisirs de l'esprit.

Le g;ouvernement de la Terreur avait fait une guerre implacable et sanglante au travail , au commerce et aux lettres; et l'on peut lire encore, daos la collection des papiers saisis chez Robespierre, et imprimés par ordre de la Convention , l'extrait suivant du Catéchisme social et politique à l'usage du ' dictateur, et écrit de sa propre main :

c< D'où viennent les dangers? — des bourgeois'. » " Quels sont nos ennemis ? — les ricbes *. »

« Qui retarde l'instruction du peuple ? — les écrivains, qu'on doit proscrire, comme les plus dange- REUs ENNEMIS de la patrie *. »

Ce programme, qu'on dirait tracé par quelque clief brutal et ivre des barbares envahisseurs du troisième siècle, n'avait pas seulement été suivi , il avait

Le commerce, bafoué et proscrit sous le nom de négocianlisme, avait passé à Bordeaux, à Nantes, partout, sous lé coutean de la guillotine; et les capitalistes, représentés surtout par le corps des anciens Fermiers généraux, avaient disparu en une seule journée du tribunal révolutionnaire *.

1 Ba[qH>rt de Courlois à la Convention , pièces tronvéet chez Robespierre; a" ii , écrit de sa main.

* N" 43 , écrit de sa main.

' Passage écrit et raturé par Robespierre.

* Dupin, député de l'Aisne à la Convention, fit, le 16 floréal an II, — 5 mai 1 79i,— au nom des Comités de sûreté générale, des finances

jbïGoogIc

6 HISTOIRE DC OIKECTOIRE.

La mort d'Archimède pèsera éternellement sur la mémoire de Home ; mais au moins , c'est un soldat ignorant qui le tua , sans le connaître , et Marcelhis avait ordonné de le respecter. Mais le gouvernement du Comité de Salut Public luirmème fit périr André Chénier, Roucher, le fils de Buffon, et te créateur de la chiatie moderne, Lavoisier, qui demanda en vain ■ quelques jours de répit pour achever des expériences importantes '.

et de l'eiameii des comptes , un rapport sur l'adminislration des Fenniers Gënéraus qui concluait à leur renvoi au tribunal révolutionnaire; — mais il résulte d'un discours de Dupin, prononcé à la Convention , le 1 6 floréal an III , — 5 mai ( 796 , — que les Fenniera Généraux furent guillotinés sans avoir Hé jugés , à aotmt Vimpnssion du rapport qui ordonnait le renvoi.

Il résulte également de l'interrogatoire de Fouquier-Tinville, pendant son procès, séance du 5 floréal an III, — Si avril <79S, — que l'acte d'accusation du tribunal révolutionnaire avut été dressé avant la réception dit décret de la Convention , et que la condamnation fut prononcée sans qu'il y eût eu déciaratiOTt du jury.

Aussi la Convention, par décret du 46 floréal an III, — S mai (795, — déclara-t-elle que les Fermiers Généraux n'avaient pas été jugés, et que leurs biens confisqués seraient rendus à leurs familles.

Voyez le Moniteur du 2* floréal an III, — 40 mai 1795.

Quoique les Fermiers Généraui: «nssent été renvoyés , d'une manière générale et sans oKception , devant le tribunal révolutionnaire, celui-ci prit sur lui d'en excepter un, M. Verdun, de l'exécution du décret.

Interrogé , pendant son procès , sur cette exception , Fouquier- Tinville répcmdit que Verdun avait été trouvé bonpatriot»; d'où U suit que, dans la logique du tribunal révolutionnaire, pourvu qn'tn fût patriote, on pouvait être impunément dilapidat«ur.

Voyez le Moniteur du 30 et du 21 floréal an III, — 9 et 10 mai 479B.

1 Un citoyen conrageox , Halle , osa seul tenter un effort publie :

D^z^^ii/Cooglc

Page 1