‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 64 sur 204 · LIVRE TRENTE-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-SEPTIÈME

la Meurlhe avait terminé son rapport sur la fête du 18 fructidor cachaient donc, on n'en saurait douter, le dessein de modifier utilement la constitution de l'an 111. La présence de Sieyès dans. ta commission chargée de préparer les mesures d'ostracisme complète la légitimité de cette supposition.

Il y a plus encore ; l'ostracisme, l'exil et la déportation des nobles n'étaient évidemment, dans ta pensée de Boulay, de Sieyès et des initiés, qu'un moyen de dissimuler la portée du projet principal, annoncé le second et en termes plus voilés; et l'adjonction de députés , peu notables par leur position et très-notes par la violence de leurs opinions, était un moyen d'acquérir à la mesure constitutionnelle le concours de la partie démagogique des Conseils, aveuglée par la pensée de persécuter l'ancienne noblesse.

Outre que cette interprétation nous parait sorlir d'elle-même des faits bien étudiés, elle est encore le seul moyen d'expliquer, d'une manière sensée, la participation de deux hommes comme Sieyès et Boulay aux mesures violentes proposées contre tes cidevant nobles par la commission dite d'ostracisme.

Siejès, l'un des ouvriers de la première heure qui travaillèrent à la révolution, est trop connu des lecteurs pour qu'il soit nécessaire d'en parler longuement ici. C'était un idéologue et un métaphysicien beaucoup plus qu'un homme d'État. On peut lui reprocher beaucoup de rêves et d'illusions, mais pas une violence ou une iniquité.

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Boulay, avocat au parlement de Paris, volontaire de 9â , soldat de Valmy , faomine de labeur , d'étude , d'ordre et de pouvoir, montra, au 18 brumaire, un sens droit et une intelligence nette de la situation. Un homme capable de pressentir la politique du Consulat et de l'Empire ne saurait être soupçonné d'avoir voulu continuer le comité de salut public.

Sa présence, celle de Sieyès et de Jean Debry dans la commission d'ostracisme, à côté de démagogues fougueux, comme Lamarque, député de la Dordogne, Duhot,. député du Nord, montrent clairement qu'aux yeux de cette commission ta persécution des nobles était le moyen, et le changement dans la constitution !e but. Le doute disparaîtra tout entier, lorsqu'on verra cette commission abandonner d'elle-même, avant toute discussion, le projet qu'elle avait présenté, dès qu'elle reconnut, à l'émotion de l'opinion publique , que l'heure d'un changement considérable n'était pas encore venue.

On ne pouvait pas frapper l'ancienne noblesse, ou, comme on disait alors, les ci- devant nobles, sans violer outrageusement, et au même degré, le bon sQfis, l'équité et la consdtution.

' En fait et en droit, la noblesse n'existait plus, puisqu'on l'avait abolie. Il était à la fois sauvage et extravagant de frapper des familles à raison de privilèges détruits depuis sept années, et de qualifications évanouies, qui n'étaient ni prises, ni données par personne.

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