LIVRE TRENTE-SEPTIÈME
reur général , plus émioent et plus capable ? lorsque le directeur général d'une administration était proscrit, quel avantage pouvait-on se promettre de la conservation des commis ?
L'application de la loi d'ostracisme aurait donc eu pour résultat évident l'abaissement du niveau de la notoriété , de la capacité et de la moralité eu France.
Et quel cœur honnête n'aurait été navré à l'idée d'envoyer en exil des vieillards', d'anciennes religieuses, chassées des couvents, des enfants nés avant la Révolution, souffrant de ses malheurs et innocentsde ses fautes?
Mais la catégorie la plus étrangement choisie, parmi tant de bannis que désignait la loi , c'était assurément celle des anciens fonctionnaires des pays réunis ou conquis, comme Avignon, le Comtat Vénaissin, la Savoie et les Pays-Bas. Chasser de leur propre pays, après sa réunion à la France, des hommes coupables, pour tout crime, de l'avoir administré, avant la Révolution française, au nom de leur gouvernement traditionnel et légitime, c'était, on en conviendra , rafliner et innover en matière de proscription.
Cette expulsion systématique hors du territoire de
■ La loi eiemplait de l'expulsioD les vieillards âgés de plus de soixante ans; mais elle les obligeait à User leur résidence à vingt lieues au moins de Paris et de la frontière.
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toutes les familles nobles ou anoblies se complétait par la spoliation. Leurs biens, meubles et immeubles , devaient être vendus à la diligence d'un curateur national. On prélevait d'abord sur le pris de ces biens une somme, au profit de l'État, pour les frais de la guerre ; le reste , converti en marchandises de fabrique française, ne devait être expédié aux bannis que sur la preuve acquise de leur arrivée en pays étranger, et à cinquante lieues des frontières de la République.
En estimant à trois milliards au moins les meubles ou immeubles des familles nobles restées en France , c'était donc une masse énorme de propriétés à jeter sur le marché , déjà encombré par les autres biens nationaux. C'était d'ailleurs une illusion de s'imaginer que les fabriques françaises, alors en pleine désorganisation , pussent fournir pour trois milliards de produits; c'en était une autre de croire que ces marchandises pourraient entrer dans les pays voisins, protégés par leurs lois douanières, souvent prohibitives, sans y acquitter au moins des droits qui en aviliraient le prix. Enfin, on ne comprend pas commeut des hommes sensés avaient pu concevoir l'idée de changer en marchands, en pacotilleurs, les membres de l'ancienne noblesse, en laissant aux curateurs nationaux, chargés de vendre leurs biens, le choix de leur commerce et de leurs marchandises.
C'est à la séance du Conseil des Qnq-Cents , du 25 vendémiaire an VI — 16 octobre 1797 — , que
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