LIVRE TRENTE-TROISIEUE
sympathies diverses, les forces de la société nouvelle. Il se trouvait le maître du Directoire et même, on peut l'ajouter, l'espoir de la France. Cette situalion était si évidente , même aux yeux de l'Europe , qu'après l'échec de Pichegra et l'éclat du Dix-Huit Fructidor, tous les efforts et toutes les espérances de la Coalition se tournèrent vers Barras, comme vers, celui qui tenait dans sa main la pacification des orages déchaînés et le rétabli^ement des princes français.
La Révolution française aurait donc marché, sous la direction de Barras, vers son but providentiel, s'il l'avait vu assez clairement pour être en état de l'y conduire, sans s'égarer lui-même en route.
Quel était le but de la Révolution française ?
On pourrait comparer la Révolution française au Sphinx, grec, accroupi sur la route de Delphes à Tbèbes, proposant des énigmes aux passants, et jetant à la mer tous ceux qui ne les avaient pas devinées.
Plusieurs hommes, diversement doués, fiirentsuccessivement appelés à expliquer l'énigme de la Révolution fraoçaise. Necker, Mirabeau, Pétion, Robespierre, Barras, passèrent tour à tour devant le Sphinx, sans réussir à deviner son secret, et furent précipités dans l'abtme.
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t4 HISTOIBE DU DIRECTOIRE.
Bonaparte seul pénétra le sens mystérieux de l'énigme, vainquit le Sphinx., et délivra 5a patrie, comme Œdipe,
Le but que se proposait la Révolution ne fut pas toujours le même. Ce que la France vonlait en 1789, elle ne l'eût plus accepté eu 1797.
En 1 789 , au milieu de la mémorable ivresse qui précéda l'ouverture des États Généraux, toute la France voulait sincèrement le programme proposé depuis deux ans par Louis XVI, et dont la réalisation était airétée par la ligue de la Noblesse, du Clei^é et des Parlements.
Le Roi voulait élajalir d'immeases réformes; les Parlements, le Glei'gé et la "Noblesse voulaient maintenir d'immeases abus.
Paris, centre des influences parlementaires, soutenait la ligue organisée contre les réformes; et la même ville qui, quatre ans plus lard, renversa la monarchie, repoussait, en 1788, par des émeutes, l'égalité des citoyens devant l'impôt, la suppression des douanes intérieures, l'état civil des protestants et l'aboUtion de la torture !
Après deux années de luttes violentes contre la coalition des privilèges ' , Louis XVI finit par gagner
' Nous avooe raconté, dans DOtre Histoire des causes de ta Hévrybition française, cette longue et curieuse lutte de Louis XVI , pro-
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