‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 87 sur 204 · LIVRE TBENTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TBENTE-NEUVIÈME

rations à eatreprendre au delà des Alpes, au moment même où it donnait à Scbérer le commandement en chef de l'armée d'Italie.

La fortune de la France voulut que cette étude fût confiée à Bonaparte.

Il n'était encore à cette époque que général de brigade d'artillerie, et il travaillait, avec ce grade,'' au bureau topographique du Comité de Salut Public, pour la direction des armées, à la place de Camot '.

L'aspect assez sond>re des affaires intérieures , le grondement sonrd de l'orage qui devait éclater en vendémiaire , te règne de la médiocrité et de l'intrigue, avaient attristé son esprit. Il venait de refuser le commandement d'une brigade de troupes de ligne en Vendée ' , et il sollicitait une mission en Turquie^ pour aller organiser l'artillerie du Grand Seigneur '. Sur les conseils de Doulcet de Ponlécoulant, député du Calvados, et de Jean de Bry, député de i'Aisne *, le Directoire eut le bon sens de refuser à Bonaparte la mission qu'il demandait. Il fut réintégré dans l'arme de l'artillerie et conservé dans le Comité *.

La lecture des mémoires dressés par Bonaparte pour le général en chef et pour les représentants de l'armée d'Italie avait-elle déterminé, en cette occa-

1 Corretpondatwe de Nc^oléon l", 1. 1, p. 85; 30 ao6t ITTS.

^ Ibid., 17 août 1795, t. I, p. 84.

3 Ibid., 1. 1, p. 85; 30 août 1795.

* Pnd., t. I, p. 90; 3 avril 1795,

^ Ibid., 1. 1, p. 91; S septembre 179K.

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sion , la conduite du Directoire ? — Il est raisonnable de le supposer; car jamais travail ne présenta d'une manière plus nette et plus évidente les caractères du bon sens et du génie en fait d'opérations militaires.

L'armée française occupait la rivière de Gênes jusqu'aux environs de Savone. Des marches offensives faites avec énergie, mais sans plan d'ensemble et sans but, avaient un moment poussé la division du général Serrurier jusqu'à Garessio et à San-Giovanni , à moins de quatre heures de Ceva , et la division du général Masséna avait atteint Cairo '. Ces tentatives heureuses étaient néanmoins restées stériles, et la prise de Vado semblait annoncer que les Autrichiens ne tarderaient pas à porter la guerre dans la rivière de Gènes et à menacer le département des Alpes-Maritimes.

La pensée fondamentale du plan élaboré par Bonaparte était de séparer le roi de Sardaigne de l'empereur, en pénétrant au cœur du Piémont et en menaçant la capitale, tout en se ménageant, par un établissement solide à Géva , la possibilité de protéger la Sardaigne contre le ressentiment de l'Autriche.

Les vues d'ensemble et les détails de ce plan de campagne furent exposés par Bonaparte au mois de juillet 1793, dans cinq mémoires, avec autant de netteté, de précision et d'énergie, qu'il en mit à les

' Correspondance <fe Napotéon I", 1. 1, p. 103; 1S octobre 1795.

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