‹ Histoire du directoire: 2 tom. augm. de pièces justificativesChapitre 90 sur 204 · LIVRE TRENTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TRENTE-NEUVIÈME

l'armée gagne le 1i, conlre les Sardes et les Autrichiens, l'importante bataille de Millesimo, suivie le 15 du combat et de la victoire de Dego. L'ennemi avait déjà perdu 15,000 prisonniers, une artillerie et un matériel immenses, et tout son prestige.

Déjà uae partie notable des plans du général Bonaparte se trouvait réalisée; l'armée sarde et l'armée autrichienne étaient séparées. Un dernier et énergique effort désorganisa l'armée sarde à Mondovi, le 31 avril; Colli, son général en chef, se mît en retraite pour couvrir Turin , et le quartier général de l'armée française, lancée à sa poursuite, s'était successivement porté à Carru et à Cherasco, lorsque, en vertu d'une suspension d'armes sollicitée par Colli le 23 et accordée par Bonaparte le 28, le roi de Sardaigne livra les places de Coni , d'Alexandrie et de Tortone.

Ainsi ta Sardaigne était désormais séparée de l'Autriche; les i5,000 Plémontaîs disparaissaient du théâtre de la guerre; Bonaparte n'avait plus en face de lui que l'armée de Beaulieu, battue, démoralisée, se préparant à repasser le Pô.

La première campagne était finie.

C'est pour résumer cette position que Bonaparte datait de Cherasco , le 25 avril , l'admirable proclamation dont l'histoire, si succincte qu'elle soit, ne saurait passer sous silence les principaux passages.

« Soldats , vous avez en quinze jours remporté six victoires, pris vingt et un drapeaux^ cinquante-cinq

pièces de canon, plusieurs places fortes, conquis la partie la plus riche du Piémont; vous avez fait quinze mille prisonniers, tué ou blessé dix mille

» Dénués de tout, vous avez suppléé à tout. Vous avez gagné des batailles sans canon, passé des rivières sans ponts, fait des marches forcées sans souliers, bivouaqué sans eau-de-vie et souvent sans pain.

» Les deux armées qui naguère vous attaquaient avec audace fuient épouvantées devant vous.

»Mais, soldats, vous n'avez rien fait, puisqu'il vous reste encore à faire. Ni Turin, ni Milan ne sont à vous.

» Vous avez encore des combats à livrer, des villes à prendre, des rivières à passer. En est-il entre vous dont le courage s'amollisse? en est-il qui préféreraient retourner sur les sommets de l'Apennin et des Alpes? Non, il n'en est pas parmi les vainqueurs de Montenotle, de Dego et de Mondovi. - Tous veulent en rentrant dans leurs villages pouvoir dire avec fierté : « J'étais de l'armée conquérante de «l'Italie!..

» Amis, je vous la promets cette conquête; mais il est une condition qu'il faut que vous juriez dé remplir, c'est de respecter les peuples que vous délivrez. Sans cela, vous ne seriez pas les libérateurs des peuples, vous en seriez les fléaux ; vous ne seriez pas l'hoDneur du peuple français, il vous désavoue-

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