‹ Histoire du directoireChapitre 100 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME. Î · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. Î

prière, voilà nos sacrifices, voilà le culte que nous t'offrons. »

Malgré la lettre que La Harpe écrivit à Robespierre pour le féliciter sur la beauté de ces deux discours ^, il serait bien difficile d'y voir autre chose qu'une déclamation prétentieuse, où Ton ne sait ce qui manque le plus, de la pensée ou du style.

Un roulement de tambours annonça le départ pour le Champ-de-Mars. La Convention se mit en marche, précédée et suivie de troupes, de groupes de vieillards et déjeunes filles, et ayant à son centre les huit taureaux couverts de festons qui traînaient sur un char les attributs des arts et des métiers. Un ruban tricolore entourait le corps de la représentation nationale; ce ruban était tenu par Y Enfance ornée de violettes ^ par Y Adolescence ôymée de myrte, par la Virilité ornée de chêne^ et par la Vieillesse ornée de pampres et d'oUvier.

Robespierre, plein d'une satisfaction visible, précédait la Convention de quelques pas. « Avec quelle joie orgueilleuse, dit Vilate, marchant à la tête de la Convention nationale, entouré d'un peuple immense, répondant par l'élégance de la parure à l'éclat pur et radieux d'un si beau jour, il se pavanait , pour la première fois, revêtu de l'écharpe tricolore de représentant du peuple, et la tête ornée de panaches flottants! Tout le monde remarqua son ivresse; mais,

* Garât, Mémoires sur la vie de Suard, t. II, p. 339.

tandki qae la foule enthousiasmée faisait retentir les cris de Vi\)e Robespierre I qui, dans une Républiqifê, sont dee cris de mort, ses coUègnes, effrayés de ses {H^étefttioQS audacienseB, incommodaient ses oreilles, comme il s'en est plaint depuis, de sarcasmes piquants. Yoyez-voQB eonmimt on Tapplandit ? Ne veutil pas faire le dieu? N'est-ce pas le grand prêtre de rÊtre-Suprême * ? »

Après être sorti par le pont tournant, et avoir fait, sur la place de la Bévointion, le tonr de la statue de la liberté , le cortège prit le pont de la Révolution , le bord de l'emi, l'avenue de l'École militaire, et entra au Champ de la Bétmion en passant sous le niveau.

La Convention occupa le sommet de la Mmitagne, et les chants commencèreet.

Ce fut d'abord l'h^^nne de Ghénier à l'Être-Supréme, avec la musique de Gossec :

Source de vérité, qa*omrage llmposturc/ De tout ce qui respire étemel prelecteiir; Dttudela liberté, père de la oaUire , Créateur et conservateur ;

Otoi» fieuliucréé, seul grand, seul nécessaire « Auteur de la vertu , principe de la loi , Du pouvoir despotique immuable adversaire , La fVaiice est debout devant toi.

Tu posas sur les mers tes fondements du monde, Ta nuôn lance bt fendre ec déchaîne les Tenta, Ta bm dan& ce saleU.dont la flamme féconde Nourrit tous les êtres vivants.

< Vilate, les Mystères de la mère de Dieu dévoilés^ p. 343.

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