LIVRE DOUZIÈME. 2I
La coDirière des nuits, p«*çant de sombres Toiles, Traîne à pas in^aax son cours silencieux. Tu lui marquas sa route , et d'un peuple d'étoiles Tu semas la plaine des cieux.
Tes autels sont épars dans le sein des campagnes, Dans les ricnes cités, dans les antres déserts, Aux angles des Talions^ au sommet des montagnes. Au haut du ciel, au fond des mers.
MaB il est pour ta gloire un sanctuaire auguste Phis grand que r£n»pyrée et ses palais d*azur; Dieu lui-même , habitant le cœur de Fhomme juste, Y goûte un encens libre et pur.
Grand Dieu, qui sous le dais fais pâlir la puissance. Qui sous le chaume obscur visite la douleur, TournEient du crime heureux , besoin de Finnoq^ce, Et dernier ami du malkeBr,
L'esclare et le tyrait ne t'offrent point dliommage; Ton culte est la vertu ; ta loi , l'égalité ; Sur rhomme libre et bon, ton œuvre et ton image. Tu soufflas l'immortalité.
Quand du dernier Capet la criminetfe rage ^ Tombait d'un trâne impur écroulé sons nos coups, Tbo iffrisîble brds gindait notre courage. Tes ibudres OMireikaient devant lous.
Attémc» des rois tes ligues imitinées; De trente nations taris enfin les pleurs ; De la Sambre au Mont-Blanc, du Yar aux Pyrénées, Fais triompher les trois couleurs.
A venger les humains la France est consacrée; Sois toufours TaRié du peuple souvemin; Et qoe h réf^faëquc , imaiortelle , adorée , Écrase les trône» d'airam I
* La wf^ de Louis XVII
Une symphonie suivit cet hymne; un chœur de vieillards et d'adolescents suivit la symphonie; et puis, ainsi que le programme l'avait indiqué, « les mères soulevèrent dans leurs bras les plus jeunes de leurs enfants et les présentèrent en hommage à l'auteur de la nature. » De leur côté , a les jeunes filles jetèrent des fleurs vers le ciel, et les adolescents, tirant simultanément leurs sabres, jurèrent de rendre partout leurs armes victorieuses. Les vieillards ravis apposèrent les mains sur leurs têtes, et leur donnèrent la bénédiction paternelle. »
Enfin, une décharge générale d'artillerie, interprète de la vengeance nationale^ ee fit entendre, et tous les Français j confondant leurs sentiments dans un embrassement fraternel , terminèrent la fête en faisant retentir les airs du cri général de Vive la République 1
Il n'y avait, comme il est aisé de le voir, ni une ombre de religion, ni une trace de sentiment religieux dans cette mythologie théâtrale et ridicule, faite avec les fonds de magasin de l'Opéra. Personne, ni aux Tuileries, ni au Champ -de-Mars, n'avait eu la pensée de chercher, dans la fête de l'Être- Suprême, autre chose qu'un amusement ; et les Parisiens s'y étaient portés avec leur empressement ordinaire, de même qu'ils s'étaient portés, en 1790, à la fête de la Fédération ; en 1 792, à la fête des galériens de Châteauvieux; en 1793, à la procession des funérailles