‹ Histoire du directoireChapitre 102 sur 241 · LIVRE DOUZIÈME. Î · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME. Î

de Marat. A rimitation du sénat romain, la Conven* lion nourrissait et amusait tant bien que mal sa capitale; les distributions du maximum , c'était le pain; œs fêtes, où Ton promenait des vieillards et des enfants aveugles, c'étaient les spectacles. Le Comité de Salut Public n'était ni ingénieux ni riche; il donnait ce qu'il avait.

Robespierre, qui avait un grand amour-propred' auteur, ne se dissimulait pas le succès médiocre de sa religion. Le conseil général de la Commune avait beau décider, par arrêté du 13 mai 1794, qu'on effacerait partout, sur le fronton des églises, l'inscription qu'y avait fait mettre Chaumette : A la Raison ! pour y inscrire cette autre inscription : A l'Être-Suprême ^ ! Outre que c'était peu de chose de vaincre Chaumette comme pontife, après l'avoir fait guillotiner comme tribun, Robespierre savait mieux que personne, pour l'avoir composée, ce que valait la Commune de Paris : c'était , du faite à la base , un ramassis de misérables, toujours inclinés devant les victorieux.

Aussi les amis de Robespierre, qui étaient dans le secret de son déplaisir, signalaient-ils à sa vengeance les imprudents assez hardis pour n'être pas très-convaincus de la beauté et de l'efficacité de sa théologie.

« Il faut , lui écrivait Payan, le nouveau procureur, ou, comme on disait encore, le nouvel agent natio-

< Moniteur du 15 mai 1794.

tu HISTOIRE DU DIRECTOIRE.

Bal de la Commune, qni avait recueilK la snccessioi» de Ghanmette, il faat attaquer le fanatisme, et frapper les auteurs, les imprimeurs , les journalistes et Bouland ^ qui ont défiguré la fêle de FÊtre-Supréme. )x Étrange visée de ces philosophes, qui prétendaient s'attaquer à la religion de Dieu, maisqui ne souffraient pas qu'on s'attaquât à la leur!

Quelque contradiction qu'il puisse y avoir pour nous dans le caractère de Robespierre, traitant les religions en général avec un mépris insultant, et descendant en public, comme président de la Convention, aux plus grotesques momeries, il ne faut pas oublier que ce caractère était commun aux lettrés de son temps. Ces philosophes, qui se savaient crus déshonorés s'ils étaient entrés dans une église, se ren* dakfut avec un respectueux empressement dans leurs loges maçonniques. Ils avaient autant de considération ponu* une truelle , qu'ils affichaient de ^^daîn pour un calice; et ces mêmes esprits forts^ qui insultaient le surplis d'un prêtre, s'inclinaient devant Taceoutrement d'un rose-croîx.

Tel étak Robespierre. Cette e^pèœ dldolà^e commune aux esprits malades de ce temps, et où il entrait, s^Hi des fnt>portioBS diverses, de la maçonnerie^ du mesmérisme, de TiHuminisme, beaucoup d'ignorance

* Lettre de Payan à Robespierre; — pièces saisies chez RobeS' pierre, n»56.

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