LIVRE DOUZIÈME
La Révellière pour le catholicisme était connue pour une manie qne tout le monde caressait, ne fàt-ce que pour en rire. Lorsque, en 1 798, Reubell faisait dévaster la Suisse par Rapinat son beau-frère, on ne manqua pas non plus de lui envoyer la statue de Notre-Dame-des-Ermites * .
Tel était LaRévellière-Lépeaux, Tun des cinq rois donnés à la France par la Constitution de l'an III : ignorant dans sa science, maniaque, fanatique, cruel, et par-dessus tout incapable. C'était Reubell qui dirigeait et qui exploitait sa très-médiocre influence dans le Directoire. On lui avait abandonné les cultes et le clergé; la botanique et la théophilanthropie étaient ses deux uniques et sérieuses occupations. Nous avons trouvé, dans une liasse de papiers relatifs au Directoire et déposée aux manuscrits de la Bibliothèque nationale, la note du menuisier Pierlot, qui avait fait pour i 4,480 livres 6 sous de travaux au jardin du citoyen La Révellière-Lépeaux, à la Chaumière. C'était sans doute pour cultiver près de lui ses plantes favorites. Barras, quoique peu horticulteur, avait dé-
eîèrement sculpté, ce qui atteste son ancienneté. On Ta vue pendant plusieurs années à la Bibliothèque nationale. Le premier consul la restitua au Pape, lors du Concordat ; et elle a été replacée dans la Santa-Casa, » — Montholon, Mémoires écrits à Sainte-Hélène, t. IV, p. U.
* Barthélémy, Mémoires historiques et diplomatiques , p. \ 35.
s» HISTOIRE J>V DlltECTOIRE.
pwté> d'après le méMCiaéioirey 69^61 4 livres 3 sous à aoii jardin da Luxembourg Gour des Lc^^.
Tant <fo BSMÂes ridicules^ tant de ianatiame insensé et ftroee révettàreAt tes conseils. Menaoé d'être dbassô da gonTernement, à la séance da con^tl des Gnq-Cents da 1 7 juin 4 799^ s'il ne se relirait yoloiitairement, La Révellière s'en alla, le SI , à sa maison d'Andilly^ près Paris, et envoya sa démission *.
La théophilanthropie ne lui survécut pas longtemps. Un arrêté des consuls, du 4 octobre 1804, retira aux tbéophilanthropes la faculté de se réimîr dans les édifices nationaux ^. Ainsi dépouillée de la protection du gouvernement et livrée à elle*niéme, cette secte tomba rapidement dans l'oubli, et de l'oubli dans le néant, où Savaient précédée le culte de 1'^ire-Suprême et le culte de la Raison.
i Moniteur du 21 et du 22 juin 4799.
* Prudhomme, Histoire impartiale des révolutions, t. Xî, p. S2.