‹ Histoire du directoireChapitre 121 sur 241 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

épmaée, il fatloi se résigna; mais le courage da malheureux banquier fut brisé , et il succomba sous le poids de son désespoir.

Une des particularités de la carrière de M. Yanferl)erghe fut de posséder longtemps, en garantie de ses «vances, le célèbre diamant le Régmt. Madame Yanlerbergbe le portait sur elle, cousu dans une ceinture. M. Yanlerbei^be en arvak fait faire une copie en cristal de rodie, et cette <x)pie fut soavait un objet de curiosité poitr tes hôtes quH accimllaît avec édat dans cette sorte de palais du fafsbourg du Roule, qu'on appdii^ les Fdies^Baujofk.

lY.

Mais le roi des financiers et des munitionnaires du Directoire, du Consulat et de l'Empire, ce futCabriel- Julien Ouvrard.

M. OuTrard, fils d'un propriétaire de papeteries, était né, en 1 770, dans les Marches de Poitou et de Bretagne, près de Clisson. Après une éducation sommaire reçue aux collèges de Clisson et de Beaupréau, îl fut placé à Nantes dans la maison Guertin , Doret et compagnie, qui faisait le commerce des denrées coloniales, n avait le génie du commerce, l'esprit hardi et le coup d'oeil prompt. Frappé, en 1789, du développement que la liberté de la presse allait donner à ce que Montaigne appelle Vescrivaîllerie, il acheta à favance tout le papier que les fabriques du Poitou et de l'Ângoumois pourraient produire en deux années,

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et, son marché signé, il réalisa cent mille écus en le cédant.

Des opérations snr les denrées coloniales, condaites avec la même vigneur, avaient grossi sa fortune, lorsque Carrier, alors en mission à Nantes, lui trouva des airs d'accapareur. Ouvrard comprit, quitta Nantes, devint l'aide de camp du général Boivin, servit près de Kléber, et fut envoyé à Paris , au fort de la Terreur, par le général Ganclaux, pour remettre à la Convention les drapeaux vendéens.

Dès ce moment, Ouvrard ne quitta plus Paris. Il y épousa, peu de temps après le 9 thermidc»*, mademoiselle Thebaut, fille d'un riche négociant de Nantes , dans laquelle ni une prospérité inouïe, ni des calamités profondes n'altérèrent jamais la sérénité du bon sens et le doux éclat des vertus.

L'horrible dévastation qui désola la Vendée emporta tous les établissements industriels de la famille de M. Ouvrard. Gabriel-]uli^ sollicita des indemnités après le 9 thermidor, et obtint 200,000 fr. Les longues et difficiles négociations qu'il eut à suivre, à cette occasion, lui révélèrent les embarras du gouvernement , et tournèrent ses vues de ce côté. Des relations avec Barras l'amenèrent à examiner la question des vivres des armées , qui étaient alors en régie. Sur ses conseils, le système de l'entreprise fut préféré , et il devint , en 1 797 , munitionnaire général , en prenant à forfait , pour 64 millions , le service des subsistances de la marine.

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