‹ Histoire du directoireChapitre 128 sur 241 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

barrasser de ce fardeaa. ^ Ces paroles émurent et indignèrent, le gentihomme. t' Quoi ! messieurs, s'écria-t-il, il y a donc des complots ! C'est une horrem*. Le roi n'est pas cause si ses ministres ont prévariqué. » Et là-dessus y Barras, frémissant du propos, s'éloigna \ »

Changé par les événements et perverti par l'ambition, ce gentilhomme royaliste de 1790 s'exprimait ainsi, le 8 janvier 1795, à la tribune de la Convention : « Un jour mémorable s'approche; c'est le 2\ janvier que le dernier tyran-roi expia sur l'échafaud les crimes dont il s'était souillé... Je ne me rappelle pas si la Convention a décrété que Tanniversaire de cette époque serait célébré dans toute la République. . . Je demande que le Comité d'instruction publique soit chargé de présenter le projet de fête que je propose à la Convention de faire célébrer, dans toutes les communes de la République ^. »

Cette idée de célébrer par une fête^ non l'établissement d'un principe, ce qui se serait compris, mais la mort d'un homme, d'un homme bon, doux et bienfaisant, dont les philosophes avaient salué la venue *,

* Procédure crimioelle instruite au Ghàtelet de Paris, sur les at* tentais du 5 et du 6 octobre 4789. — Déposition du sieur Paul de Barras , H 5« témoin.

* Moniteur du 44 janvier 4795.

3 Dans une lettre au comte d'Ârgental, du 49 avril 4776, Voltaire disait du premier acte politique de Louis XVI : « Voilà Taurore d*ua beau règne !» — Et dans une lettre à madame de SaintrJulien, du 30 octobre de la même année , il disait de Marie-Antoinette : « J'ai toujours une violente paesion pour la reine.... Que le bon Dieu la prenne sous sa sainte et digne garde I »

n'avait rien alors qai choquât les âmes. Oa en vit, des plus intelligentes , qui mêlèrent le plus odieux cynisme à ces insultes adressées à la mort. Real, qui fut depuis ministre sous TEmpire, invitait les bons patriotes à manger chez lui, le 21 janvier, une tête de cochon \

Ce fut le département du Var, sa patrie, qui envoya Barras à la Convention. Il s'était préparé à sa carrière démagogique par un enthousiasme ardent pour Marat , dont il s'était fait l'ami et le commensal *. Il servit fidèlement la Montagne, et prit sa part du 31 mai , qui décima TÂssemblée et envoya les girondins à Téchafaud.

Barras était en mission à Toulon, avec Fréron, Bayle et Beauvais, lorsque les Toulonnais, pour éviter les vengeances de Cartaux , enfermèrent au fort Lamalgue les représentants Beauvais et Bayle, comme otages, le 22 août 1793, et livrèrent la ville, la flotte et l'arsenal aux Anglais. Barras et Fréron se sauvèrent au quartier général de Tarmée d'Italie, qui était à Nice '. Revenus de cette alerte, et pendant que Cartaux s'avançait vers Toulon, Barras et Fréron détachèrent six mille hommes de Tarmée d'Italie, et les dirigèrent contre la ville insurgée , sous les ordres du général Lapoype. Les deux représentants assis-

^ GéDéral Danican, les Brigands démasqués, p. 406.

2/6wl.,p. 104.

3 Montholon, Mémoires écrits à Sainte-Hélène, t. IIÏ, p. 7.

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