‹ Histoire du directoireChapitre 129 sur 241 · LIVRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIÈME

tèrent au siège , dont le chef de bataillon dVtillerie Napoléon Bonaparte vint prendre la direction le < 2 septembre.

C'est une singularité remarquable de la vie de Barras, qu'il passa toujours sans dispute pour un soldat fort brave, qu'il dut son élévation à cette ré* putation incontestée de bravoure , et qu'on ne saurait pourtant découvrir dans sa carrière aucun acte de véritable vigueur qui ait pu la lui mériter.

On sait les embarras créés aux généraux des armées républicaines par ces représentants chargés de ceintures et de panaches tricolores, que la Convention leur envoyait. Barras et Fréron ne firent, au siège de Toulon, ni plus ni moins que leurs collègues faisaient ailleurs; mais Barras y acquit, on ne sait comment, une gloire militaire qui le désigna, le 9 thermidor, à la Convention éperdue.

Tout l'effort du siège de Toulon porta , comme on sait, sur la prise du fort nommé le Petit-Gibraltar, qui devait entraîner, et qui entraîna en effet, Févacnation de la rade par Tescadre anglaise et la reddition de la ville. Ce fort fut pris le 17 décembre, à trois heures du matin ; mais Barras et Fréron , qui avaient demandé l'assaut avec toute l'impatience des révolutionnaires, se tinrent prudemment à l'écart jusqu'après le dénoùment.

« A trois heures du matin, dit l'Empereur, Muiron escalada le fort à une embrasure, par laquelle entrèrent Dugommier et Napoléon. Laborde et Guillon en-

trèrent par un autre côté... Ce ne fut qu'au jour, et lorsqu'on était maître du fort depuis longtemps, que les représentants vinrent, le sabre à la main^ cFun air décidé et luron , complimenter les soldats * . ^^

Ce fut pourtant, Qomme nous l'avons dit, sur larenommée d'énergie militaire que Barras s'acquit à ce siège , que la Convention lui donna , le 9 thermidor, le commandement général des troupes. Nous allons voir qu'il contribua exactement autant à la prise de Robespierre, de Couthon et de Saint-Just^ qu'il avait contribué à celle du Petit-Gibraltar.

Il était environ cinq heures de l'après-midi , le 9 thermidor, — 29 juillet 1794, — lorsque le décret d'arrestation fut rendu contre les deux Robespierre, Saint- Just, Couthon et Lebas *. Enfermés quelques heures dans une salle des Tuileries, ils furent transférés, vers huit heures du soir, par les gendarmes de la Convention , Robespierre l'aîné au Luxembourg; Robespierre le jeune à Saint-Lazare ; Couthon , Saint- Just et Lebas à la Force.

Le concierge du Luxembourg, nommé Guyard, était un terroriste féroce. Il avait été concierge des

* Monlholon, Mémoires écrits à Sainte-Hélène^ t. III, p. 34-35.

2 tf Robespierre n'a été mis en arrestation que vers cinq heures et demie. » C'est Fouquier-Thinville qui fait eette observation en répondant à Wolf, 55« témoin entendu dans son procès. — Bûchez et Roux, Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXIV; Procès de Fouquier-Thinville.

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