LIVRE SEIZIÈME
prisons de Lyon, sons la dictature sanglante de Coïlotrd'Herbois et de Dabois de Crancé; et on l'envoya à Paris, quand les prisons de Lyon forent vides. Guyard refusa de recevoir et d'écrouer Robespierre aîné ^ ; et un attroupement, auquel se joignirent bientôt les gendarmes eux-mêmes, délivra les prisonniers , et les conduisit en triomphe , d'abord à la Mairie, rue de Jérusalem, à l'hôtel actuel du Préfet de Police, et puis à l'Hôtel-de-Ville ^
De son côté, le concierge de Saint-Lazare, nommé Verney , refusait de recevoir Robespierre le jeune ' ,
^ «c J. Guyard, âgé de quarante-trois aaa, né à Galardon , département d'Eure-et-Loir, ex-employé aux fermes , ex-concierge des prisons de Saint- Joseph, à Lyon, grenetier à Paris. » — « Real. — Vous aviez, le soir même, refusé la porte à Robespierre? » — Bûchez et Roux , Histoire parlementaire de la Révolution , t. XXXIV. Procès de Fouquier-Thinville.
2 « Les gendarmes qui étaient avec Robespierre aîné le conduisirent en triomphe à la rnairie et à la Maison-CommuDe , et restèrent près de lui jusqu'à sa chute. » — lléda , Précis historique des événements du 9 thermidor.
3 « LEVASSEUR* — Vernoy, le 9 thermidor, refusa de recevoir Robespierre jeune, sous prétexte qu'il n'y avait point de place, tandis qu'il y avait au moins quarante chambres vacantes, et Robespierre jeune fut conduit à la municipalité rebelle de Paris.
» VEANET. — J'ai refusé de recevoir Robespierre , parce que je n'avais pas de chambre de secret. » — Histoire parlementaire de la Révolution, U XXXV. Procès de Fouquier-Thinville.
— a Procédant à un nouvel interrogatoire dudit Robespierre (jeune), nous lui avons demaiodé dans quelle maison d'arrêt il était détenu* — A répondu : A la Force.
» — Par quel ordre il en était sorti. — A répondu : Par la force armée, conduite par quelqu'un qu'il ne connaît pas. » — Interrc^atoire de Robespierre jeune, le 4 0 thermidor, à deux heures du ma-
qui était y de là y conduit à la Force. Payan y Lebas ^ Ck>athon et Saint^Just étaient délivrés de la Force vers neuf heures ^ ; et Couthon ayant été mandé par un billet de Robespierre et de Saint-Just, il s'organisa^ à rHôtel-de-Ville, un gouvernement insurrectionnel, opposé à celui de la Convention et du Comité de Salut Public.
Pendant que Robespierre et ses compagnons étaient encore aux Tuileries, Hanriot , commandant génâ^ de la force armée, se présenta à la tête de Tescadron de gendarmerie dit des fwmmes du 4 4 juillet^ pour le délivrer; mais la Convention avait déjà destitué Hanriot vers trois heures , sur la motion de Taliien ; et les grenadiers de la Convention l'arrêtèrent, sans que sa troupe s'y opposât *.
Ainsi, vers huit heures du soir, le 9 thermidor, la situation des partis en guare ouverte était celle* ci : Robespierre , Saint-Just , Couthon et Lebas gouvernant à THÔtel-de-Ville; la Convention et les co-
tin , au comité civil de la Maison-Commune. — Rapport de Courtois sur les événements du 9 thermidor.
^ « Les complices de Robespierre furent arracbés de la Force à neuf heures du soir. » — Histoire parlementaire de la Révolution, t. XXXÏV. Procès de Fouquier-Thinville : déposition de Ferrières- Sauvebœuf.
2 Un gros huissier, le citoyen Fontaine, se jette au milieu de nous en criant : « Arrêtez, gendarmes! il n'est plus votre général! il est en état d'arrestation ; voyez la loi : obéissez-y. »
Ces paroles arrêtent Hanriot et sa suite. Les grenadiers, profitant de ce naoment d'incertitude, tombent sur les aides de camp. Hanriot voulait se défendre... — Méda, Précis historique des événements du 9 thermidor.