LIVRE SEIZIÈME
mités gouvernant aux Tuileries; les insurgés n'ayant plus leur général y qui avait été fait prisonnier; mais la Convention n'ayant pas encore songé, dans le désordre universel, à s'eix donner un.
En ce moment de confusion extrême, un simple gendarme, nonmié Méda, monta spontanément au Comité de Salut Public, rendit compte de ce qui se passait à rHôtel-de-Ville, et, se mêlant à la discussion, fut d'avis (( qu'il fallait marcher sur-le champ contre la Commune et arrêter tous ceux qui s'y trouveraient. » Le comité adopta celte idée, et lui donna le commandement. Comme ce modeste gendarme faisait observer qu'il n'était que simple soldat, Carnot le détermina en lui disant : a Eh bien ! tu en auras plus de mérite ^ »
Malheureusement pour la Convention, son général improvisé n'était pas encore sorti, qu'un attroupement armé, envoyé par Robespierre et soutenu par de l'artillerie, se présentait au Comité de sûreté générale, et se faisait remettre Hanriot. Méda, poursuivi par Hanriot furieux, se sauvait, grâce au tumulte et aux ténèbres, et, après avoir passé sous le ventre de plusieurs chevaux, il allait avertir Carnot, Barrèreet
^ « On me propose le commandement , j'observe que je ne suis qu'un simple gendarme, que j'ai des chefs. — « Eli bieni tu n'en apras que plus de mérite! » me dit le citoyen Carnot. — « Enfin, j'accepte. » — Méda, Précis historique sur les événements du 9 thermidor,
aif histohe du directoire.
BiHaad de bi dffiwance d'Hnriot, qoek Goni^i^km
igBorait eoiMM eim ^.
Alors, \et& dix keores da sor, la Gony^itioo mit Hanriot, Robespierre , Sui^Just et Lebas, hoics la loi; et y oabliaiit qa'dle avait déjà m ^^al qpï était an mili^L d'elle, die en nomma un second, sur la mc^n de YoulaDd et sor la propoulîoii des deox Ck>iiiité8 : — c'élait Bacras ^
Six membres forent adjdnts à Barras, sur sa demande, avec les ponvoirs attribués aux représentants du penple près les armées : c'élaiait Ferrand, Fréron, Ddmas, Bollet, Rovère et Léonard Bourdon.
Accompa^é d'une partie de ces r^résentants, Barras alla on ne sait où. Méda dit qu'il alla au Can^ de Mars, réunir la force armée qui s'y trouvait *• Il ne donna d'ailleurs aucun ordre d'attaque, ni même de ralliement. Y&cs une heure du matin, on le voit rentrer à la Convention ,. a au milîea des ptes vifs applaudissements. »
^ « Grâce au tumulte et à robscurité , je me sauve en passant sous le yentre de plusieurs clieyaux et je cours au GomHé de Salut Public pour lui rendre compte de ce qui venait da se passer sous mes yeux. » — Méda , Précis historique des événements du 9 thermidor,
3 « L'Assemblée, au milieu des applaudissements, nonme le citoyen Barras pour diriger la force armée. » ^ Moniteur du 30 juillet 4794.
3 « J'observe que le citoyen Barras, nonamé gésécal en ebef par la Convention, ne donna aucun ordre d*attaque, m même de raiiement, et qu'il s'en alla au comp de Mars réumr la force armée, qui s'y trouvait » — Méda , Précis hisêorifue sur les Mnemmm eu 9 thermidor. — Ce camp de Mars était à la plaine des Sablons.
IMRE BEIMËM^^ 3(rr
<( le yiens, dit-il, de f^veooiîr one grande partie de Paris. Partout le peuple est à li^ iMUteer de la liberté. Paitocrt on eeilaid les cm de Vim h M^-
la sec^km de Fontikte^GrMielle notts ont aoGOiii{»gaés partout Les dîapoaitfiOBS soulîteires Tiennent d*Ôtre^ exécuiiteB; la Couveatûm eet enviroBoée de tow les républîûaiQS de Fama ^ »
Apès cette ^àocsâk/Hj ^ pendant «pie FirécoB et Ferrand reudaieHt compte de ce cpi-ils avaient fbit ou vu, aux eu virons de l'Assemblée, Bktss ce se re^ tirait au Coinké de SedutPufatîc,. pour se concerta avec lui. .1»
La eonférence de Bairas avec Ica menibres du Ckv mité ne'dwak pas d^uia une deMhfaeure, lorsque Gharlier, qui présidait, dit à rAssemblée : a Le l&cbe Bobeapieive eÊt là; vous ne voulez pas qu'il entre? »
C'était en e&t Bâfeespiera^y sangtont et évanoui, que l'on portiât eur one piaoche.
Le drame étmt donc terminé, avant que Tépée de Barras £ài sortie de fourreau.
C'^ait le premier général nommé par le Comité de Salut Public, et que tout le monde avait oublié, c'était le gendarme Méda qui venait de prendre le commandement de l'Hôtel-de-Ville, et sauver la Convenu
* Monileur du 30 juillet 4794. — On voit que Barras se bornait à se tenir sur la défensive.
tien, pendant qu'elle délibérait et décrétait, an milipn d'un désordre inexprimable.
Parti de la Convention en même temps que Barras, avec Léonard Bourdon, Legendre et Lanthenas, Méda suivit son idée, qu'il avait déjà donnée au Comité de Salut Public, et qui était d'aller surprendre et enlever THôtel-de-Ville par un coup demain. Après avoir parcouru les sections de la Halle-au-Blé, des Arcis, des Lombards et des Gravilliers, ramassant des forces sur leur route, Léonard Bourdon et Méda se dirigèrent vers l'Hôtel-de -Ville; et Léonard Bourdon, quoique brave, le nomma commandant de V attaque ^
Le désordre était tel autour de l'Hôtel-de-Ville, que Méda rallia par son assurance toutes les forces qui s'y trouvaient réunies, même celles qui croyaient défendre Robespierre.
c( Je mets pied à terre , dit Méda , je prends mes pistolets, je les mets dans ma chemise; et montrant la salle du conseil de la Commune aux grenadiers qui m'entourent, je leur dis : « C'est là qu'il faut aller ! Des » gendarmes trompés sont encore en ordonnance près » de Robespierre, montons, je me dirai de leur nom- » bre, et je parviendrai près de lui ; faites-bien atten- » tion à moi, et, suivant que vous me le verrez faire, ». criez Vive Robespierre ou Vive la République! »
* a Léonard Bourdon me nomme commandant de l'attaque. Les officiers et les soldats, me voyant partout, m'écoutent volontiers; d'ailleurs je leur montre dans la ganse de mon chameau Tordre que le Comité de Salut Public m'a donné. » — Méda , Précis historique sur les événements du 9 tliermidor.