LIVRE SEIZIÈME
iLes grenadiers ne disent pas non; mais ils me suivent lentement. L*escalier de la Commune est rempli des partisans des conjurés ; à peine pouvons-nous passer sur trois de front. J'étais très-animé, je monte rapidement, et je suis déjà à la porte de la salle de l'assemblée, que les grenadiers sont encore bien loin. Les conjurés sont assemblés dans le secrétariat, et les approches bien fermées. J'entre dans la salle du conseil en me disant ordonnance secrète.
)) Je prends le couloir à gauche ; dans ce couloir je suis assommé de coups sur la tête et le bras gauche, avec lequel je cherche à parer, par les partisans des conjurés, qui ne veulent pas me laisser passer quoique je dise que je suis ordonnance secrète. Je parviens cependant jusqu'à la porte du secrétariat; je frappe plusieurs fois, pendant qu'on me frappe toujours; enfin, la porte s'ouvre.
)) Je vois alors une cinquantaine d'hommes dans une assez grande agitation ; le bruit de mon artillerie les avait surpris. Je reconnais au milieu d'eux Robespierre aîné. Il était assis dans un fauteuil, ayant le coude gauche sur les genoux et la lête appuyée sur la main gauche. Je saute sur lui, et, lui présentant la pointe de mon sabre au cœur, je lui dis : «Rends- » toi , traître! » Il relève la tête et me dit : « C'est toi » qui es un traître, et je vais te faire fusiller! »
» A ces mots, je prends de la main gauche un de mes pistolets, et faisant un à droite, je le tire. Je croyais le frapper à la poitrine, mais la balle le prend
n meakm et lai casse la màchQn*e gauche infé-
mare ^ Il tombe de sonfacateofl. L'ex{^)6kni de m(m
1 Un préjugé, consacré par la plupart des historiens, veut que RobeBpierrô ait lui*roéme teeté de se emcider. C'est une erreur, aiujooidliai complètement démootrée.
La source de Terreur est dans le Moniteur même. Un rapport de Barrère, fait à la séance du 10 thermidor, dit que Robespierre aîné f^l bloii. Celte yersioB a été généi Memen t arioplée.
Cependant il y a, indépendamment du récit précis et inattaquable de Méda, deux documents officiels qui établissent que Robespierre ne s'est pas blessé lui-même :
Le piemier estie procès^-^erbal manuscrit de la Cosvenlion, du 9 et du 4 0 thermidor, qui dit : c La Convention nationale décrète qu'un pistolet trouvé à la Maison-Commune sera remis au brave Méda. » -^ Cétait le pistolet avec lequel Méda avait blessé Robespierre , et qu'il jeta peur prendre la lumière avec laqu^le il poursuivit Couthon dans un escalier obscur.
Le second est le procès-verbal des officiers de santé Yergez et tfarrigues, qui furent chargés de panser Robespierre au Comité de Salut Public. Le voici :
<r Ayant été requis ce matin, à cinq heures, de panaer la blessure du scélérat de Robespierre Taîné, avons trouvé le susnommé étendu sur une table dans une des salles du palais des Tuileries. n était tout couvert de sang, tranquille en apparence, et ne témoignant pas éprouver beaucoup de douleur. Le pouls se faisait sentir petit et concentré.
» Après avoir lavé la figure ùq bieesé, nous avons aperçu d'abord un gonflement à toute la face» plus QOfl»idérable à gauche, le côté blessé. Il y avait aussi érosion de la peau et ecchymose du même
» Le coup de pistolet avait psité ai nsveau ds la bouche, à un pouee de la oommissnre des lèvres. Comme ta diiection était oblique, de dehors en dedans, de gauche à droite, de haut enbas^ei que la plaie pénétrât dans la boucbe, «lie intéiMouH eirtérieurement la pesa, te tiou oeUrtlaut , te.mMcle8 triani^latrot buccinateur, etc.
» En introduisant le doigt dans ta lK)uche , nous avons trouvé firacture avec esquilles, à l'angfe de laviâéfaomiiiârieare^ et nous