LIVRE DIX-S£PTlÈiiE. m
ÂiK : Quand la mer Bouge apparut.
C'est m coup qoe l'on reçoit
Avant 4|ii'oa s*€9i doute ; Â peine on s'en aperçoit.
Car on n'y voit goutte.
Un certain ressort cadié, Tnt à coup ^nt Udié , Fait tomber, ber, ber.
Fait sauter, ter, ter.
Fait tomber^
Fait sauter, Fak y€fer k tête :
<]'est bien plus bonnete K
Ponr comprendre ce derniers vers :
C'est bien plus honnête ,
il faut se rappeler que le duc de La Rochefoucault- Liancourt, les amis des noirs et les philanthropes fo* rent les plus ardents promoteurs de la guillotine, et qu'ils avaient pour but, non-seulement d'adoucir le dernier supplice, mais surtout de procurer aux roturiers, que Ton pendait jusqu'alors, l'honneur réservé aux nobles d'avoir la tête coupée.
La fête de l'Être-Supréme était un sujet éminemment favorable à la déclamation et à la pompe théâ-
1 Camille Desmoulins , Révolutions de France et de Bradant, 1. 1, p. 373.
32i HISTOIRE DU DIRECTOIRE.
traie. Aussi les auteurs , qui trouvaient une occasion naturelle de flatter Robespierre et d'attacher encore une fois la cocarde trÎQolore à Melponièney selon le mot de Camille Desmoulins sur Chénier ^^ se hâtèrent d'envoyer un grand nombre de pièces à l'examen de la Commission des théâtres; mais Robespierre, comme le premier président du parlement de Paris, ne voulut pas qu'on les jouât; et le Comité de Salut Public approuva un arrêté de la Commune, qui interdisait la représentation de ces pièces sur tous les théâtres de la République *.
Des traditions si éminemment favorables au pouvoir ne furent pas, comme on pense bien, abandon* nées par le Directoire. Un arrêté, du 8 janvier t796, défendit aux orchestres des théàtres^ de jouer le Réveil du peuple j et leur ordonna déjouer tous les airs des époques les plus sanglantes de la révolution, le Ça tra^ la Marseillaise^ le Chant du départ et le Veillons au salut de l'Empire *.
En 1798, l'usage s'était généralement rétabli d'employer dans les conversations les anciennes et nationales qualifications de monsieur et de madame y abolies , non par une loi , mais par un simple arrêté de la Commune de Paris. Le bureau de censure rendit un arrêté qui interdisait ces qualifications au théâtre,
1 Camille Desmoulins, Révolutions de France et de Brabant, t. I, p. 368.
2 Moniteur du 4 5 juillet 4 794.
3 Journal historique de la Révolution y t. I, p. 43.