‹ Histoire du directoireChapitre 139 sur 241 · LIVRE DIX-SEPTIÈMB · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEPTIÈMB

de Pologne^ le Saint-Père, et l'impératrice de toutes les Russies.

» On les abandonne; ils se querellent; ils se reprochent mutuellement les fautes dont ils sont coupables; et ils finissent par se battre pour une barrique de biscuit de mer , qu'on leur a laissée par charité, lorsque le volcan les met tous d'accord en les engloutissant.

» Scènes burlesques, ajoute le critique, him propres à alimenter l esprit pubUc et la haine des rois *. »

Voilà pour ce qui touche les idées politiques préchées au peuple par le Comité de Salut PubKc ; yoici pour ce qui touche les idées morales :

Cet opéra- comique, intitulé Claudiney ou le Petit Commissionnaire y était du citoyen Deschamps, musique de Bruni; le critique attaché à VMmanach des Muses en donne l'analyse en ces termes :

« Florville a séduit une jeune villageoise, dans le temps où l'on connaissait les distinctions; il ne pouvait unir son sort à celui de Claudine, qui, devenue mère, s'est sauvée, avec son ^ifant à Genève, où, déguisée en commissionnaire, elle décrotte les passants^ et porte des fardeaux.

» Après nombre d'années , converti par les prin^ cipes de la révolution^ Florville revient chercher sa Claudine pour l'épouser. Un petit commissionnaire se présente ; il lui fait cirer ses bottes j et l'engage àchan ter une chanson savoyarde.

* Almanach des Muses, de 4794, p. 226.

» Ck)m!ne Florville répète le refrain j Claudine le regarde, le reconnaît et s'évanouit. L'enfant veut continuer l'ouvrage, mais un ami de Florville apprend à celui-ci que ce commissionnaire est justement celle qu'il a cherchée si longtemps. Il embrasse son fils et épouse la mère. Tous chantent les bienfaits de légalité.

» Sujet propre à faire chérir les avantages de la destruction des préjugés. Il est tiré d'une nouvelle du citoyen Florian \ »

Toutes les phases de la révolution eurent naturellement leurs drames y comme elles eurent leurs reli* gions. Le théâtre Feydeau joua, le 28 mars 1795, une tragédie du citoyen Trouvé, l'un des rédacteurs du Moniteur j intitulée Pausanias ou le 9^ Thermidor, « On voit dans l'ouvrage du citoyen Trouvé la Convention, les tribunes, la Commune, le tribunal révolutionnaire, les complices du tyran, et jusqu'au général Hanriot *. » La tragédie dans laquelle on voyait toutes ces choses avait néanmoins pour héros un général lacédémonien.

Au point de vue littéraire, la révolution n'imagina qu'une forme nouvelle de drame intitulé Sans-Culottide. C'était une pièce en cinq actes et en vers *.

^ Almanach des Muses, de 1795, notice des ouvrages de poésie , page 23. •

2 Almanach des Muses, de 4796, p. 263.

3 Almanach des Muses y de 4794, p. 240.

Page 1