‹ Histoire du directoireChapitre 14 sur 241 · LIVRE DEUXIÈME* a · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME* a

de déplordbies pr^agés^ accrédités par les historiens réTolutioimaires, et acceptés par les lecteurs fadies^ ont présenté cet effroyaUe abus des supplices comme la rançon de la liberté ^ Outre que des sophistes seuls peuvent donner te nom de 6^ et de progrh aux choses qui veulent être achetées par des crimes, c'est une profonde erreur de croire que la révoluti<Hi ne tuât que des nobles et des prêtres^ c'est-à-dire des hommes dans lesquels elle était plus ou moins auto* risée à voir des enn^nis.

La révolution tuait tout le monde, te prolétaire comme Faristocrate, et le prolétaire surtout.

On sentira Uen aisément la vérité de ce fait, si Ton songe en qudtes mains la révolution avait placé le gouvernement de la société. La France était devenue la {MEote de cinquante mille comités révoluticmnaires, couvrant toutes les conununes de la République, et composés naturellement de ce que diaque localité renfermait de plus féroce et de plus abject. C'étaient gênératement des ouvriers d^ravés, fuyant le travail, et demandant au dub un pain taché de sang et de boue. Les membres de ces comités révdiutionnakes recevaient en ^et cinq firancs par jour ^.

A qui les membres de ces comités, armés d'un pouvmr absolu, et diargés, comme on disait alors, de

^ c La révolutioB française a Hait couler des torrents de sang. J'en génis; mais j'oserai demander &*il s'est introduit quelque bien en ce monde dont on n'ait pas payé la tamçon.^ — Victor Cousin, Rêvua d» DeuaO'MomdêS, 4<^ avril 4854.

2 Barrère, Mémoires, t. U, p. 324, 33t5.

mettre la France au pasj, pouvaient-ils s'en prendre? — Aux nobles? — sans doute; mais il n'y en avail guère qu'un par commune rurale, et c'était par conséquent bientôt fait. Une fois le seigneur et le curé expédiés, les comités révolutionnaires se retournaient nécessairement vers leurs ennemis. Or, quels pouvaient être les ennemis d'un tailleur, d'un maçon, d'un boucher, d'un cabaretier, d'un savetier? C'étaient d'abord les rivaux de profession, d'autres savetiers, d'autres cabaretiers, d'autres bouchers, d'autres maçons, d'autres tailleurs; c'étaient ensuite les ouvriers rangés, moraux, laborieux, pères de famille, dont la conduite honorable faisait autant d'aristocrates aux yeux des braillards de club ; et c'est sur leur tête, quelque humble qu'elle fût, que tombaient les foudres démagogiques. Quand il n'y a plus de chênes, le tonnerre s'en prend aux buissons.

Ainsi, on voit le tribunal révolutionnaire d'Orange faire guillotiner, en deux jours, cent vingt chiffonniers \ Qu'est-ce que cela faisait à Saint-Just et à Robespierre que cent vingt chiffonniers mourussent? Assurément rien; mais comme ils avaient armé d'un pouvoir absolu les démagogues ramassés dans les cfr-

* a Dans peu de jours, 60 chiffonniers seront traduils en jugement, et jugés à la même séance ; un pareil nombre les suivra pea de jours après ; et tu vas juger par là que nous employons bien nos moments. » — Lettre de Viot à Fayan , pièces trouvées chez Robespierre ^ n<> 140 (b). — Les chiffonniers, tels qu'on les connaît à Paris, n'existant pas dans le midi, ceux dont parle Viot devaient être de ces colporteurs qui parcourent les campagnes , faisant le commerce du verre cassé et des chifibns.

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