‹ Histoire du directoireChapitre 148 sur 241 · LIVRE DIX-SEPTIÈMB · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-SEPTIÈMB

lequel où aurait bien de la peine à recoiHiatta'e ce duc de Niverûois, doût les parasites du xtiii* siècle portaient mx nues l'esprit , la fimesse et Félégmce.

Avoir fait connaître le personnel littéraire de la France depuis 1795 jusqu'à 4800, ce serait assurément avoir montré le peu d'élévation, àa correctiim et d'éclat des productions de cette époque ; mais ce ne serait pas avoir recherché et expliqué si ces productions, indépendamment de leur valeur telle quelle, eurent un caractère spécial et prc^re, et fofmèrMt comme une littérature distincte, qu'on pourrait légitimement appeler la littérature du Directoire.

Oui, cela n'est pas douteux : il y eut, de 1795 à 1800 , et même à 1802, une période littéraire qui, sans cesser d'avoir de certains rapports avec celle qui précède et avec celle qui suit, s'en déUche assez nettement, pour ne pouvoir être aisément confondue ni avec l'une ni avec l'autre.

Parmi les caractères qui distinguent cette littérature du Directoire, les plus saillantes et les plus appréciables sont une allure didactique, une affectation matérialiste et une tendance graveleuse.

« Détruire et projeter, » comme le dit la Décade ', avait été l'emploi constant des loisirs du gouvernement de la révolution en matières de lettres, comme en toute autre matière. Il ne restait donc, en 1795, ni 4 Bkade ^ilmafhiqae §t HUéraire, t. FX, p. IS.

académies, ni facultés, ni écoles. Les hommes de lettres qu'on n'avait pas guillotinés ou avilis étaient dispersés 9 épouvantés, ruinés, sans autorité, sans inspiration , sans pain. Aussitôt que Tétablissemeat de la Constitution de Tan III donna ou promit un peu de sécurité, le caractère de la nation reparut, et Von rechercha avec avidité, avec ardeur, avec passion, les poêles et les livres.

En présence de ce besoin des esprits, le gouvernement fit un effort , et la spéculation privée étendit et compléta son oeuvre. Le gouvernement ouvrit l'Institut, les écoles centrales et l'école Normale, et la spéculation privée ouvrit les lycées.

L'Institut que la Convention avait imaginé ne contenait que trois classes, qui étaient : la première, la classe des sciences exactes ; la seconde, la classe des sciences morales et politiques; la troisième, la classe de la littérature et des beaux-arts. En exécution de la loi qui fondait l'Institut, le Directoire en nomma les membres, sur la désignation du comité d'instruction publique.

Les lettres et les arts n'avaient que seize fauteuils à se partager dans la classe qui leur était affectée; et les sections de cette classe étaient si étrangement imaginées, que la part des lettres y était illusoire. Voici, en effet, la composition de cette troisième classe de l'Institut : Sicard, Garât, Dussault, Bitaubé, Chénier,

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