‹ Histoire du directoireChapitre 16 sur 241 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Du 3 mai 1793 au 23 décemlife 1794^ la Fraaoe fat nourrie et approviaioouée par sou gouven^meot; et c'est pour cela que ^ durant cet intervalle ^ on y mourait de faim et l'on y manquait de t<Hit.

C'est de Paris que sortit , coome toutes les autres idées folles j Tidée de substituer le ^uvemement au commerce, et de le constituer à Tétat d^>ositaire universel de tous les produits, avec Tantorité nécessaire pour en foire la distribution aux départements, aux villes, aux communes , aux dtoyens*

Dans qudle tête naquit cette idée ? Nul ne pourrait le dire. Elle avait évidemment sa source dans les livres de Mably, dd Pecfam^a et de Brissot ; mais on la voit se produire tumultueusemeiit à la barre de la Convention, aj^KMrtée par des députatiOns qui n*en comprenaient certes pas toute la pc^rtée, et qoi la formulaient s(»is le nom de Taxe des denrées, avec un maooimwn de {Mtx auqud les détenteurs seraient oUt* gés de les livrer*

C'est ce nom de maœimjm qui resta attaché à l'idée et à la meslire.

Les pétitions demandant rétablissement du maooimum , commencèrent à se produire le 20 novembre 1792, et se suivirent, à peu près de mois en «mms, jusqu'au 4*^ mai 1793. Une seule vint de Totiirs; deux vinrent de Versailles^ une de Saint-Gerauttu;

celles qui furent sérieuses et déterminantes vinrent de Paris*.

La Convention, il faut lui rendre cette justice, comprenait tout ce qu'il y avait d'extravagant à prétendre taxer les denrées et les marchandises, et à faire du gouvernement le dépositaire et le distributeur des produits agricoles ou manufacturés. Marat lui-même s'éleva avec une grande force de bon sens contre celte idée ^ ; mais l'autorité de Marat était comme celle de tous les tribuns, qui ne sont obéis des multitudes qu'à la condition de subir leurs passions et leurs préjugés. Les sections de Paris , poussées par des meneurs subalternes et inconnus, s'aheurtèrent à l'établissement du maximum^} l'administration du département vint elle-même à la barre, le 20 avril 1793, et apporta une formule très-explicite, en demandant, avec l'établissement d'un prix maximum pour les substances alimentaires, l'anéantissement du commerce des grains, et la suppression des intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs *. L'assemblée se défendit encore avec énergie par la voix de Vergniaud ; mais huit mille hommes du faubourg Saint-Antoine se présentèrent aux portes de la Convention le 1'''' mai, demandant l'établissement du maximum^ la résiliation

^ Voir le Moniteur du 20 novembre 4792, du 30 mars, du 4 et du 49 décembre 4793; du 43 février, du 20, du 26 avril et du 3 mai 4794.

* Moniteur du 44 février 4793, séance de la Convention du 42. 3 Ibid,

* Moniteur du 20 avril 4793, séance de la Convention du 48.

Page 1