LIVRE DIX-HUITIÈME
» Scherer, en chaise de poste, avec des guides;
» Ramel, en vis-à-vis ;
)) Un détachement de la garde à cheval du Direetoipe, la botte de fcân em creape;
y> M. Codrika, secrétaire d'ambassade, dMM une d^ni-fertune^ derrière laquelle étaôent deux esclaves laircs, l'un en blee, l'autre en ronge ;
» Plasâcnrs équipages, remplis de Grecs et d'Arméniens, ceux que Ton voit tour à tour au Palais- Royal, à Tivoli, à la trésoveriia nationale; et qui, après nous avoir donné si généreusement leurs farines, sont à la veille de mourir de faim ;
» Un corps de généraux de tous grades;
» Quelques chevaux et l'écorie de M. Tambassadenr;
n Une voiture de vieille comtesse allant rendre le pain béni, barbouillée fraîchement d'un croissant;
» Un petoton de Turcs du magasin de l'Opéra;
» L'ambassadeur, monté sur un cheval arabe, dont les harnais étaient relevés par quelques strass;
» Un corps de cavalerie ;
i> Des polissons criant : Vive la République!
» Cette fête, ou plutôt cette mascarade, a fait lever les épaules. Les uns y ont vu la réception du BourgeoiS'Gentilhomme ^ les autres là cavalcade de Dom JapheL Aussi l'ambassadeur a4-il paru froid et mécontent. Il nous excusera, lorsqu'il saura qu'il a fallu retourner toutes les poches pour payer au tapissier iû tente sous Laquelle il devait s'asseoir au Dkectdre.
D Une circonstance assez bizarre a égayé les spectateurs. Le secrétaire d'ambassade ayant en soif, on marchand de tisane lai en offrit un verre; mais à peine Teut-il porté à ses lèvres, qu'il le lui rendit et continua sa marche en disant: Allah! Allah! Le marchand demanda si c'était la monnaie da pays. Un homme du peuple lui répondit avec ingénuité que cela voulait dire qu'il s'en allât; ce qu'il fit en jurant qu'il laisserait mourir de soif un Turc, plutôt que de lui donner un verre d'eau ^ x>
Cependant , le peuple de Paris , qui , en fait de spectacles et de pompes extérieures, n'avait vu, depuis que les philosophes lui avaient ôté les processions catholiques, qu'il aimait et qu'il honorait tant ',
* Bertin d'Antilly, le Thé, n^* 408.
2 Les processions catholiques, faites dans les rues de Paris, étaient très-populaires, en 4792, lorsque les Girondins, les plus grands démolisseurs de tout ordre social, les firent interdire par la Commune. Voici comment s*exprime le journal de Prudhomme , qui n*est pas suspect :
« Le soir de la Fête-Dieu, le patriote Legendre, allant à Poissy approvisionner Paris de viande, ne voulut pas reculer devant le Dieu de Saint-Germain-des-Frés. Le peuple prit fait et cause pour son Soleil; il y eut bataille, la victoire resta au Saint-Sacrement, le patriote fut mené à la section, aux cris fanatiques des dévotes du quartier.
» Un nouvel avis de la municipalité et un appel aux lois
n'empêchèrent pas plusieurs bataillons de se compromettre en assistant sous les armes aux processions de leurs paroisses ; presque tous les volontaires des Mathurins... s'empressèrent de servir de suisses aux prêtres de leurs églises... Dans plusieurs rues, on ôta lé
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