LIVRE DIX-HUÏTIÈME
n'avait vu , pendant deux ans, que les chapeaux cirés formant le cortège de la guillotine \ se prit d'un goât très-vif pour l'ambassadeur turc et pour ses esclaves. La présentation des grandes dames le mit d'ailleurs fort à la mode; les jardins publics, les cafés se le disputèrent dans l'intérêt de leurs recettes ; et renvoyé de Sa Hautesse se prêta de la meilleure grâce du monde à ces exhibitions, dont on eut soin de lui déguiser le plus possible la portée. Bagatelle Tannonça en ces termes, le V^ août, à ses habitués : « La fête orientale aura lieu le jour arrêté par l'ambassadeur ottoman. Elle sera annoncée par un programme. Depuis que Bagatelle est devenu le Gnide des Parisiens, l'amour n'a cessé d'y faire des pèlerinages; il deviendra pour Âly-Ëffendi, le Grand- Caire, si les ordonnateurs de la fêle qui lui est destinée ont l'attention d'offrir à ses yeux des signes propres à lui rappeler les objets de sa croyance \ »
Indépendamment des cafés et des restaurants, qui prirent, sous le Directoire, un développement im-
chapeau de force aux assistants étrangers à la cérémonie. On se permit plus rue de La Harpe. Des femmes, payées sans doute ^ cassèrent les vitres d'un charcutier, qui n'avait point tendu de tapisseries à sa porte. » — Prudhomme, Révolutions de Paris, t. XII, p. i58-494.
On le voit, dans Tordre religieux, comme dans Tordre politique, ce sont les classes instruites qui ont corrompu et égaré le peuple.
* Voir, sur les chapeaux cirés pendant la révolution, le Thé^ n« 47.
« B?rtin d'Antilly, le Thé, n« 409.
mense, il y ayait neuf jardins ea possessioii d'ane célébrité ^[)éGiale^ cm la société élégante se pwtait ayec passkm. C^étaii^ : Bagatelle, au bois de Boulogne ; rÉlysée-Sourbon, aa faoboarg Samt-ltouiré* Tivoli , où Ton représentait sur an tl^tre la desœnte d'Oqpbée aux Enfers; Fraseati, dont les salons et la tarrasse s'étendaient, sv le boulevard Montaiartre, de la me de Ricbelien joaqu'à rendroitaù se trottifô anjoopd'hut la rneNenve-Vi vienne; lePavîlton d'Hanovre, qui allait dn boulevard à larBed'Antin ; Le Jardin Tore, qoelesconstructioiisonteiiyafai; Mouaaeaax, avec s<m parc immense; Idalîa, situé près d« roadpoint des Champs-Elysées; ei le Jardin-Byran, roe de Yaremes, où fut annoncée , le 20 août 1 797, k première ascenâon, à ballon lilH*e, de Garnerin, avec descefite en parachute.
« Il sera &it, dit le pro^amma, «ne expérience aussi «arieose qu'elle est encope nouvdle : an physicien s'élancera dans les airs , avec un ballon qui s'enflammera et détonnera sur sa tête, à environ quatre cents toises ; il descendra de cette hauteur à Taide d'un parachute, combiné de mantère à le préserver d'une chute accélérée.
» Le ballon dont il se sert contient cinq mille pieds cubes ; son parachute, qui est doré sur toute la surface convexe, porte 22 pieds de diamètre; il embrasse une colonne d'air qui a pour base un cercle de 379 pieds de surface.
» Le physicien sera lancé dans les airs , au son