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LIVRE DIX-HUITIÈME

d'one musique militaire^ par V ambassadeur ottoman ^ . o

Tous les contemporains s'accordent à peindre la société de ce temps comme étonnée de vivre encore, et jetant à la dissipation, au jeu, aux festins, aux bals, à la galanterie , les jours que Fouquier-Tinville lui avait laissés.

« Les femmes gwi se vêtissent sont couvertes d'or et de diamants.

» Les hommes qui jouent jouent un jeu d*enfer.

» Les généraux et les députés sont à table du matin au«soir.

» Il y a cent nouveaux restaurateurs et cinquante nouvelles guinguettes.

» Duplan a vendu plus de perruques dans un an que Beaudoin n'a imprimé de décrets.

)) La liste des mariages est presque aussi nombreuse que celle des divorces.

» Les carrkksy les ^boquets sont sans nombre, brillants, aériens... On a compté 3,450 voitures au dernier Lonchamps.

» Il est vrai que les marchands de livres n'en vendent plus ; il est encore vrai que les rentiers n'ont plus de chemise ^, ni les artistes d'ouvrage *. »

i Berlin d'Antilly, le Thé, n« 427.

2 II y avait, quand on prépara le Grand-Livre, â la Bn de I^SS, DOUZE CENT MILLE RENTIERS , selon les psyeurs de rentes de IHÔtelde-Ville. Gambon prétendit alors que ce nombre était exagéré, et qu*il ne s'élevait qu'à deux cent vingt-deux mille . Il est vrai qu'on n'avait pas encore tous les titres. — Moniteur du 40 décembre 4793.

3 Le Dix-huit fructidor, ses causes et seiB effets , 1. 1, p. 498.

Il n'y avait pas jusqu'aux anciens jacobins que ce mouvement n'entraînât. On les voyait, dit Berfin d'Antilly, « poudrés, frisés, ambrés, pantalonnés, et perchés sur un wiski haut d'un premier étage, se mêler à la bonne compagnie, à la faveur de ce déguisement \ )) L'opinion publique n'était plus pour eux ; et quoique toutes les traces de la Terreur ne fussent pas effacées; quoique les murs de Paris portassent encore quelques vieilles inscriptions terminées par LA MORT *, au mépris du décret du 1 2 juin 1795 , qui avait ordonné de les effacer *, il se faisait contre les jacobins des chansons fort gaies, parmi lesquelles nous avons remarqué ce couplet :

AIR :0n doit cinquante mille francs,

Rhabillez-Tous, peuple français, Ne donnez plus dans les excès

De nos faux pairioles; {éis. ) Ne croyez pas que le c... nu Soit une preuve de vertu :

Remettez vos culottes (éis) *.

* Berlin d'Anlilly, le Thé, n« 6.

2 Jbid., n« 75.

* Moniteur du 15 juin 4795.

* Ce couplet était évidemment imité d'une chanson de Marlain- \ille publiée en 4795, où il dirait :

Fraternisons, chers jacobins , Longtemps je vous crus des coquins,

Et de faux patriotes ; Je veux vous aimer désormais ; Donnons-nous le baiser de paix ,

JVftterai mes culottes.

Martainville, Journal des Rieurs, ou le Democrite français, an III, n<»6.

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