‹ Histoire du directoireChapitre 177 sur 241 · LIVRE DlX-HUlTlÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DlX-HUlTlÈME

ne peat rien faire, que Garnot dédaigna sottement au 1 8 fructidor, et qui d'ailleurs s'opposera de tout son pouvoir à tout ce qu'il ne mènera pas en chef. Au lieu de quatre avocats, c'est un gentilhomme fier encore de l'être, et, quoi qu'on en dise, attaché encore à des sentiments monarchiques, parce que, en sa qualité de noble, il les a sucés avec le lait, dès sa nais-

sance*. »

Le marquis de La Maisonfort faisait beaucoup d'honneur à Barras en supposant qu'il était royaliste. Il n'était qu'ambitieux. Il avait acquis une fortune énorme ; il sentait le pouvoir se briser dans les mains du Directoire, et le sol manquer sous ses pas; il pouvait, d'un moment à l'autre, être à la merci des puissances coalisées et des partis intérieurs victorieux ; et il cherchait un refuge , un appui , une sauvegarde dans toutes les combinaisons qu'il croyait capables de lui assurer, non le gouvernement, mais le repos. (( C'est un sybarite, ajoutait le marquis de La Maisonfort, un voluptueux qui veut jouir, et rien de plus. » Lui-même formulait ainsi ses prétentions : ahidemnité et sûreté. »

Au fond. Barras était un homme de son temps, un sceptique, un esprit tombé du doute sur Dieu au doute sur toutes choses. Sa plus longue profession politique fut d'être orléaniste, comme Danton, Robespierre et Marat, ses anciens amis; et, comme eux, il devint de royaliste républicain et terroriste, uniquement par

* Fauche Borel, Mémoires, t. II, p. 227.

ambition et par iatérét ' . Il était profondénient aris* tocrate; mais il ne savait^ sdon robeervatioii de Ca^- Dot, agir q«e par les voies révoln^ioimaires ; il était Tami de Tallien ; il en avait le caractère et \e i^&pérameot, avec plus d'édacation, d'intelligence, de tonne, d'habileté eA d'esprit de coDdinte.

Ce fut au nKMS de novembre 1 798 que Louis XVJII, alors à Mittau, en Courlande, accepta les piemières ouvertures qui lui furent faites au nom de Barras pour le rétabliffîement de la monarchie . Les agents du roi étaient Fauche-Borel et le marquis de La Maisonfortf ceux de Barras, Botot, son secrétaire, et David Monnier.

Voici la lettre de Louis XVIIl au marquis de La MaisonfcM't :

« Mittau , 13 novembre 1793.

« J'ai reçu , monsieur, les deux lettres que vous avez adressées ponr moi au comte d'Avaray. Vous me connaissez assez pour joger de TempresBement avec èe^el j*ai saisi le moyen que h Provideace m'offre , par vos mains, de satisfaire le désir le plus ardent de mon cœur, celui de terminer les maux de ma patrie et de mes sujets , dont je n'ai jamais si bien senti que je suis le père , en leur épargnant la peine d'mae crise lente et doulourenée.

» Je vous envoie M. le duc de Fleury, auquel j'ai remis les pouvoirs nécessaires pour conclure cette importante affaire, et sur la discrétion duquel vous pouvez vous fier absolument. J'attends de votre zèle que vous ne perdiez pas un moment à le mettre en communication avec la personne venue de Paris.

^ Carnet, Réponse au rapport de BaiHeul^ p. 468.

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