‹ Histoire du directoireChapitre 186 sur 241 · LIVRE DIX-NEUVIÈMB. m · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIÈMB. m

pillage, non des guerres ayant pour bot la défense du sol et des institutions.

Cette vérité, que nous allons mettre dans toute son évidence, n'ôte rien à la gloire des braves soldats qui s'illustrèrent sur tant de champs de bataille; mais elle explique comment tant d'efforts, tant de sang, tant de trésors , ont si peu rapport à la civilisation , parce qu'il est dans la nature du désordre de souiller et de stériliser tout ce qu'il touche.

Si Ton demande à l'histoire passionnée l'origine des guerres de la révolution, elle répondra en nommant les conspirations de Coblentz et les conférences de Pilnitz; et elle montrera la France debout, courant aux frontières pour repousser V étendard sanglant de la tyrannie.

Si Ton s'adresse à l'histoire calme, sincère, impartiale, voici ce qu'elle répondra :

Ce furent, nous l'avons dit, les girondins, les jacobins et les terroristes, tous réunis encore à la fin de 1 791 , moins Robespierre, qui soulevèrent la grave et décisive question de la guerre. Le pays n'y songeait seulement pas. Tout autorise à penser que la révolution se fût paisiblement établie, sans deux fautes énormes qui perdirent tout : la guerre déclarée au catholicisme et la guerre déclarée aux institutions monarchiques de l'Europe. La Constituante avait com-

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mis la première, la Législative était violemment poos* sée à commettre la seconde.

Quels étaient les motifs mis en avant pour jeter la France dans une guerre agressive contre rEurope? Était-ce, comme on Ta écrit depuis, les conspirations des émigrés réunis à Worms, à Trêves ou à Coblentz? Nullement. Était-ce les projets de l'Europe d'envahir la France et de détruire violemment ses nouvelles institutions? Pas davantage.

Sans doute, ces motifs furent allégués plus tard, lorsqu'on voulut entraîner la jeunesse aux frontières. On ne parla aux conscrits que de Pitt et de Cobourg; et l'on mit toute la politique étrangère qu'on voulait leur apprendre dans le premier couplet de la Marseillaise :

Allons, enfants de la patrie ,

Le jour de gloire est arrivé!

Contre nous de la tyrannie ,

L*étendard sanglant est levé !

Et pour persuader au5t soldats que les rois, ligués contre la révolution française, entraînaient les peuples trompés dans une guerre sacrilège déclarée à la liberté des nations, on ajoutait :

Français, en guerriers màgdanîmes, Portes ou retenez vos coups »

Épargnez ces tristes violimee^ A tegret s'armant contre vovêf Mais le despote sanguinaire, Mais les complices de fiouillé, Tous ces tigres qui, sanspitiâ»

Déchirent le sein de leur mère !

Aux armes, citoyens!...

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