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LIVRE DIX-NEUVIÈME. m

on seul point. Toutes deux ont besoin de la paix. On peut en conclure qu'elles ne feront pas la guerre^ ou que la guerre qu'elles feraient dans cet état n'aurait rien de dangereux.

» La czarine fait un présent funeste à son ami le roi de Suède. Les secours qu^elle lui présente sont pour lui la robe du centaure Nessus. Par là, elle espère le rendre odieux aux Suédois eux-m^es. Car quel sopverain est plus à charge à une nation que cdui qui s'occupe des mouvements d'un peuple éloigné pour devenir un chef de parti j tandis que chez lui il a tant de malheureux à soulager, tant de travaux à entreprendre? Voilà l'explication probable des espérances données par cette cour aux princes émigrés. Ennemie du roi de Suède, elle a voulu le perdre.

» On cherche en vain sur la carte d'Europe quelle est la puissance que pourrait encore redouter la France.

)) Voyez le roi d'Espagne , qui se refuse aussi à croire à la stabilité des choses en France , ce roi qui a une marine considérable sans matelots, des voiles sans vaisseaux ; des mines, mais point d'argent ; des colonies, mais point de manufactures; des banques, et point de crédit. Tel est l'état paralytique de l'Espagne.

» Tel est encore l'état de la Hollande , si grande, lorsqu'on son nom un simple bourgeois commandait à l'Europe, si petite aujourd'hui, qu'elle n'a ni la force de renvoyer les geôliers prussiens et allemands.

ni le moyen de les payer. Aussi n'avons-nous rien à craindre d'un chef abandonné par les grands qui rayaient servi, menacé du peuple qui est écrasé, d'an peuple ami de la liberté , et beaucoup plus éclairé qu'en 1788.

a En vain les plénipotentiaires de Pilnitx et de JRotisbonne s'ag^erontHs pour former un parti puissant contre la France : leurs intrigues seront déjouées j ils ne feront que constater leur impuissance.

a Que résulte-t-il de là? qu'aucune puissance cot^si-

DÉRABLB flB POURRA NOUS ATTAQUER , QUE , QUOIQUE LA SUÈDE f LA RUSftIB y l' ESPAGNE , FAVORISENT LES PRINCES ÉMIGRÉS y CEPENDANT ELLES NE SE DÉCLARERONT PAS OU- VBRTBMISNT CONTRE NOUS *. »

On le voit donc, et cela résulte de documents positife, précis, officiels, les émigrés n'étaient pas, en 1792, un danger pour la France; l'Europe ne songeait à porter atteinte ni à nos institutions nouvelles, ni à l'intégrité de notre territoire ; et aurait-elle eu cette pensée, que sa situation politique et financière l'aurait mise, selon la conviction profonde des chefs de la révolution eux-mêmes, dans rabsolue impossibilité de la réaliser.

Ainsi, la France , qui n'a pas d'ennemis, ou qui n'en a aucun de redoutable, va déclarer la guerre à

^ Moniteur du 30 et dp 31 décembre 4791 ; i— Î)im^r9 d^ Brissçt à V Assemblée législative.

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