LIVRE DIX-NEUVIÈME
de Condé, sa famille et son armée de onze cents hommes sortent de Worms.
Réfugiés à peine à Etlenheim y ces onze cents hommes, effroi d'une nation de vingt-cinq millions de bras libres y en partent, sur une note de l'empereur, adressée au prince cardinal de Rohan.
Quant aux émigrés, s'élevant au nombre d'environ trois mille six cents hommes y qui étaient à Trêves etàCoblentz, sous les ordres des princes frères de Louis XVI, ils en étaient également chassés au cœur de l'hiver.
<( Il ne reste pas un Français à Trêves, dit un journal contemporain , très-bien informé. CoWentz se dégarnit de jour en jour. Les gardes du corps l'ont évacué. La plupart des compagnies armées ont filé au milieu des neiges et des routes dégradées. Le port d'uniforme est interdit. Les marchés d'armes et de munitions viennent d'être sévèrement défendus ; et cet électorat, couvert de guerriers il y a quelque temps, ne Test plus maintenant que d'un certain nombre de Français en habits bourgeois.
» Cette inconcevable débâcle s'est opérée avec la plus grande précipitation. Les intimations du cabinet de Vienne se sont jointes à celles du corps législatif de France, pour forcer l'électeur de Trêves et les princes français à cette humiliante condescendance ' . »
Voilà avec quel soin religieux l'empereur et roi ,
teur de Trêves, au ministre plénipotentiaire de France, et lue par îâ. de Lessart à TÂssemblée législative. 1 Mallet du Pan, Mercure poliiique j 24 janvier 4792, p. 499.
digne successeur de Joseph II, éloignait, non pas seulement les causes sérieuses , mais les prétextes les plus futiles de guerre ^ car les jacobins n'avaient, comme on Ta vu, aucun souci des émigrés. C'^it donc avec toute raison que le cœur honnête de Mallet du Pan pouvait reprocher avec qudque amertume au cabinet de Vienne « de déférer aux ordres du club des jacobins , et au roi de Hongrie de poursuivre, d'asile en asile, un prince de la maison de Bourbon, qui avait, il y a trente ans, combattu glorieusement pour Marie-Thérèse * . »
Et pendant que l'empereur et roi se montrait si véritablement docile aux désirs de la France, que faisait la faction qui la dominait , et qui dirigeait son gouvernement à l'aide des clubs?
Le 4 janvier 1 792 , Isnard s'écriait à la tribune : « Une guerre est prête à s'allumer; guerre indispensable POUR consommer la révolution... Le moment ou NOUS ALLONS PUBLIER LA GUERRE est précieux à saîsir. . . La France libre est sur le point de lutter avec l'Europe esclave,., nous allons entreprendre la