LIVRE DIX-NEDVIÈMB
Robespierre s'était si justement moqaé au club des jacobins, a Ils voulaient que Dumouriez travaillât son rapport d'après leurs idées ; ils voulaient qu'il y entrât dans des discussions métaphysiques ^ qui n'avaient aucun trait à l'affaire. Ils voulaient enfin lui faire produire une pièce de rhétorique et de philosophie. Il leur dit décidément qu'il ne composait pas cette pièce pour la nation française seulement , mais pour l'Europe entière , et qu'il voulait être entendu sans le secours d'un nouveau dictionnaire^ qui n'était pas encore fait. Cette plaisanterie les déconcerta. « Les girondins voulurent au moins composer au roi son discours pour le jour de la séance. Un Genevois, homme de beaucoup d'esprit (Clavière), en composa un très-long, qui contenait une discussion métaphysique, dans laquelle Louis ne devait naturellement pas entrer. Un autre en composa un second plus court, mais entièrement déplacé dans la bouche du roi... Ce prince les prit et composa lui-même un discours très-court et très-sage , qu'il prononça avec beaucoup de facilité ^ »
On sait avec quels transports de frénésie l'Assemblée vota la guerre, le 20 avril 1792, et comment l'ordre fut donné aux armées,* le 21, d'envahir les Etats du roi de Bohême et de Hongrie.
Et l'Europe était si loin de vouloir faire la guerre
* Dumouriez, Mémoires, t. II, p. 244, 2 12.
4S# HISTOIRA^ DU DiECCTOIRË.
à U^France, envahir son t^ritoire et rem^ereer ses MwreUes institotions, que ce ne futqœ qiatrb mois après ceUe a^ession, le 18 août^ qpe: les anmées combinées de la Prusee et de rAutriehe paesèn^it la f fosti^ française I
Menthcée de la guerre par la faction qni maîtrisait le gouvernement firançais, et par ce 9>iwemement IniHanéme, rfiurope attendit donc un an Tefiet des menacée, quatre mot» Teffet de la déckraiîon officielle, îmmédiatMient smvîe d'ime invaskni armée.
VoHà' lee âtîtor, diuis leur sk&pUaité et dans leur éloqneMe.
Aîttsi^ qur'oD ne paite plas de la nécessité ou fut la ConveutioA de défendre la liberté et le territoire : cette néeessîlé n'exislaît pas qaand 1» guerre fut dédêiéew Cest la démagogie opii cksmaBd» la guerre et qui Tobtiai; et e'eat L'Busofie qm M réduite à se
ClOfCDCll^
La tradition, universellement acecqptéis^ qui attribue au Comité de salut public, en la personne de Carnot, la gloire d'avoir créé^ organisé et entretenu quatorze ARMÉES, repose sur des témoignages contemporains officiels et nombreux.
Dans le rapport qu'il fit à la Convention, le 7 germinal an II, — 27 mars 1 794 , — sur la dissolution de Tarmée révolutionnaire, commandée par Ronsin, Barrère parla des quatorze armées républicaines qui