‹ Histoire du directoireChapitre 210 sur 241 · LIVRE DIX-NEUVIÈME. 46T · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIÈME. 46T

Carnot appc»rta dans la direction des armées ce qu'il apporta dans la poKtiqœ, ub caractère foibie jusqu'à rabandou de ses priaeipes et de ^ <Kgftilé.

Les partis violents ont quelquefois lachanœde refi« contrer de ces âmes ualurelleaient honiiétes, loais vacillantes et molles^ qui n'oseraient pas commettre le crime, mais qui te souffrent et qui le patronat* Malheur aux époques tourmentées où s'opèrent cet alliances! Les hommes pervers exaltent la vanité de ces âmes hésitantes et alarmées, se couvrent, eux, leurs desseins et teurs actes , du respect qui les entoure, et font tourner au profit du vice et du crime l'autorité de la vertu. Cest un devoir rigoureux, quoique pénible, pour l'histoire, de signaler cette défaillance des cœurs qui aiment la justice, la vérité et la morale d'un amour réel, mais contemplatif et lâche ; qui voudraient être honnêtes, mais d'uifô honnêteté commode, indulgente, endormie, n'apportant avec elle ni gêne, ni lutte , ni danger. Rien ne ressembte moins à la vertu que la vie de ces hommes, car vertu signifie force, et leur vie est une perpétuelle et hon^ teuse défaillance, quand elle n'est pas une manifeste lâcheté.

Jeté, en des temps calmes, au milieu d'un gouver* nement régulier, Carnot y aurait tenu la place et rendu les services d'un esprit modéré, rangé, laborieux, méthodique, mais sans élévation et sans éckt. Jeté ,

en des temps affreux, du milieu d'un gouvernement d'iniquité, il ne participa point intentionnellement au crime, mais il vécut et dormit deux ans à ses côtés, fermant les yeux ou détournant la tête, pour ne le point voir; le maudissant tout bas, mais n'ayant pas la force de le combattre, pas même de s'en séparer. Chose singulièrement triste , Carnot ne montra qu'une fois un grand courage dans sa vie politique ; et ce fut, après le 9 thermidor, pour défendre la mémoire des scélérats qu'il avait méprisés en les subissant, et pour réclamer sa part de la responsabilité de leurs actes.

Sommé par Barrère de déclarer quelle avait été, au Comité de salut public , la conduite de Barrère , de CoUot-d'Herbois et de Billaud-Varenne, Carnot répondit :

(( Les accusés ont réclamé mon témoignage : il y aurait de ma part de la lâcheté à le leur refuser.

)> J'ai assisté à toutes les délibérations du Comité; il est faux, comme on Ta avancé, que j'aie été relégué dans mon bureau. Je dois dire qu'au Comité de salut public, ils se sont déclarés contre Robespierre; seulement, lorsque je les pressais de l'accuser, en avouant qu'il était coupable, ils ne croyaient pas qu'il f&t encore temps de l'accuser. La preuve que j'avais en eux la plus grande confiance, c'est que j'ai signé plusieurs fois ce qu'ils me présentaient sans le lire.

1» S'ils m'ont trompé, je l'ignore; mais, ayant tou-

Page 1