LETTRE ADRESSÉE' AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
ET DANS LAQUELLE MAIG^fET DEMANDAIT S'iL FALLAIT BRULEB LA VILLE.
« J'ai cru , citoyens collègues, qu'il fallait donner à la vengeance nationale un grand caractère. Le 20 de ce mois, le tribunal se transportera dans cette commune. La gaiilotine sera dressée sur le lieu même où l'outrage a été commis, les têtes les plus scélérates abattues*. J'ai ordonné que la commune entière fût livrée aux flammes. Ce village offre une population de mille individus.
» Si vous trouva cette mesure trop rigoureuse, faitesmoi connaître votre intention; SUPPRIMEZ MA lettre a la CONVENTION , et instruisez-moi au plus tôt de votre décision^, »
Bédouin n'existait déjà plus depuis neuf mois, et une population d'ouvriers adonnés à l'industrie de la soie était anéantie, quand cet horrible souvenir fut évoqué au sein de la Convention.
Sait-on ce que répondirent les membres du Comité de salut public? — Ils répondirent qu'ils ne se souvenaient DE RIEN * !
ver que le crimb noRRiBLB pour lequel une ville était brûlée et ses habitants massacrés, n'était pas même un délity puisque aucune loi, ni arrêté, n'avait prescrit la plantation ou le respect de« arbres de la liberté. Ils avaient même été imaginés sous la monarchie, le 20 juin
* A ce sujet , Agrlcol Moureau écrivait : a Maignet a ordonné de faire la triaillb , et il s'est réservé de statuer définitivement, » — Papiers de Robespierre , pièce n" 446 (6).
^ Moniteur du 9 janvier 4795.
3 Voici les paroles de Merlin : « Aucun des membres des comités ne s'est rappelé d'avoir entendu lire cette lettre; le décret d'approbation vous fut surpris, et dix-sept jours après, on brûla Bédouin. » — Moniteur du 9 janvier 4795.