‹ Histoire du directoireChapitre 23 sur 241 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

persistions bien honteuses; et, lorsque demysté* rieuses cmifictences avaient fait connaître qoe quelque (»*édicateu7^ jadis câèl»re et échappé par miracle au tribunal révolutionnaire, devait prononcer un sermoa dans qudque chapelle isolée, les plaisants du district preoâtent leurs mesures pour qu'il reçût ^ le matin même, uu billet de garde ^

Mais c'est surtout par la destruction de toutes les écoles, par la proscription de toute culture de l'esprit, que s'était signalé le gouvernement de ces philosophes révolutionnaires , si fiers de leur prétendu savoir.

La vente des biens du clergé, dont l'institution des économats appliquait une partie notable à l'enseignement delà jeunesse; l'abolition des vœux et des corp(H*ations ecclésiastiques, les persécutions et la mort employées contre les prêtres qui refusaient le serment à la Constitution civile du clergé, enfin la chasse stupide faite aux livres qui parlaient de religion et de monarchie ; tout cela avait peu à peu renversé les universités> anéanti les collèges, détruit le corps de l'enseignement. D'ailleurs, qui aurait voulu, qui aurait pu faire instruire la xeunesse, à une époque où les lois sur les émigrés et sur les suspects dispersaient et décimaient les familles riches, et où c'était un crime capital de ne poîut parler et agir en sans-culotte? Le

* Bertin d'Antilly, le Thé, 4 juille* 4797.

décret du 8 mars 1 793 mit le sceau à la ruine des écoles; il fit vendre leurs maisons, leurs terres, leurs dotations de toute nature, sans en excepter celles qui avaient pour objet l'éducation des enfants pauvres, à laquelle la piété de tant de donateurs avait pourvu '.

La sanglante année de i 793 vit donc tomber à terre la dernière pierre de cet édifice de renseignement, qui avait coûté tant de siècles à bâtir. Tout disparut, les écoles des petits enfants, les collèges, renseigne-^ ment des langues vivantes et mortes, les Facultés de droit et de médecine, les Académies de lettres, de sciences, de musique, de peinture, de sculpture et d'architecture. L'Académie française tint sa dernière séance le 5 août 1793* ; et quoique la France entière fût en armes , le vertige de destruction emporta jusqu'aux écoles militaires, que supprima le décret du 9 septembre^. Aussi la Convention fut-elle obligée, pour préserver l'armée de la barbarie, de faire le décret du 16 février 1794, qui interdisait de nommer aux emplois vacants d'officier et même de général en chef tout citoyen qui ne saurait ni lire ni écrire*.

Ce n'est pas que la Convention ne parlât constamment de lumières, de savoir et de philosophie; mais elle ne faisait guère qu'en parler. Elle nommait comités sur comités pour lui proposer une organisation nouvelle de l'instruction publique. Enfin fut volée,

* Moniteur du 10 mare 1793.

< Mémoires de l'abbé MorelUt, t. I, p. 429-30. 3 Moniteur du 10 septembre 4793.

* Moniteur du 17 février 179i.

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