LIVRE TROISIÈME
Conformément au vceu des grands philosophas de la révolutioa, cette instruclios, oiganisée par le décret da 23 octobre, était à peu prèe gratuite, car les âèves de& écoles centrales ne devaient pas payer (Aus de 25 francs par an. Ce fut cette prétention qui empêcha TappUcation des beaux systèmes couronnés dans Je concours du â8 janvier 1 79i ; Tétat des finances xïb permit pas de xéalisar le décret sur les écoles pri-mairesy centrales et spéciales^ et il ne resta de tant d'efforts qwd ce qui reste des chimères.
Llnstitut seul fut organisé^ mais d'iuae manière si 4éfecbi6use , que le premier consul fut obl^ de Je réformer, par décret du 24 janvier il 803.
Deux autres essais, à peu pnès aussi malheureux , furent tentés par la Qmventicn^ dans l'intérêt de Tinstruciion .publique. Ce fut la fondation de TÉcole Normale^ et la fcmdation des écoles .de santé, à Paris, à Moa^Uier et à Strasbourg.
L'École Normale avait pour but de créer des |idro* lesseurs pour les écoles centrales, et elle se recrutait à l'aide d'élèves pris dans tous les départements, et entreteaus, à Paris, aux frais de l'État. Fondée le 30 octobre 1794, elle fut dissoute le 26 avril 1795; d'abord parce qu'elle était sans objet, les écoles centrales n'ayant pas pu s'organiser; ensuite parce que le trésor était hors d'état de la soutenir ' .
Les écoles de santé, destinées à remplacer les trente Facultés de médecine ou écoles de chirurgie détruites
^ Moniteur du 2 novembre 1794 et du %9 avril 47d5.
par la révolution, forent établies le 2 décembre 1 794 ' ; mais le décret qui les créait ne fat pas exécuté ; et Ton trouve le corps législatif de Tan Yi encore occupé de leur fondation^.
De toutes les écoles qu'on avait abolies, les écoles militaires étaient celles dont le défaut se faisait le plus vivement sentir. Les soldats avaient beau être braves ; toute la bravoure du monde ne pouvait pas suppléer à Tincapacilé des clubistes qui les commandaient; et il était impossible de prendre indéfiniment pour généraux des orfèvres comme Rossignol, des dramaturges comme Ronsin , des maîtres d'armes comme Léchelle, des tapissiers comme Boucret, des perruquiers comme Gommaire, des tailleurs comme Lavictoire, des danseurs comme Boyer, des marchands de fromage comme Humbert, même des peintres comme Carteaux, ou des médecins comme Doppet.
La Convention songea donc à former, sinon des officiers, l'esprit démagogique ne l'aurait pas permis, mais au moins des ingénieurs. C'est dans ce but que fut fondée, le 28 septembre 1794, l'école centrale des travaux publics % qui prit , l'année suivante, le nom d'École Polytechnique. L'embarras des finances, la rareté des familles considérables qui voulussent ou qui pussent donner une telle carrière à leurs enfants, enfin la difficulté de trouver, en un tel désarroi des
< Moniteur du 6 décembre 4794.
2 Moniteur du 5 novembre 4797.
3 Moniteur du 2 octobre 1794.