LIVRE CINQUIÈME
la nature des choses , et indépendamment des conventions hamaines^» C'était enfin an bien ridicule orgueil de prétendre inventer, en 1 789 , le bon sens, réquité, la morale , dont jusque-là toutes les nations du HKmde auraient été privées ; — ^mais tdie fut néan* mœns, sciemment ou à leur insu» la prétention des philosophes qui rédigèrent et qui établirent les Gcmstitutions de 1791 et de 1793.
De là naquirent le dédain, le mépris, la haine pour tous les gouvernements, pour tous les pouvoirs, pour toutes les lois qui ne procédaient pas de la volonté gé- 7térale; de là cet esprit absurde et intolérant de propagande révolutionnaire, tendant à bouleverser le monde, à détruire les usages, les coutumes, les lois des autres nations ; propagande dont les ravages ne se sont pas encore arrêtés, malgré les leçons et les malheurs d'un demi-siècle.
De là naquit aussi cette haine stupide et féroce qui poursuivit Louis XVI au delà de sa tombe, et qui aujourd'hui s'attache, dans les âmes égarées par ees grossiers sophistes, à tous les rois de la terre, comme si la monarchie ne comportait pas, au même degré que tous les autres genres de gouvernement, le bienélre, la liberté, la moralité et la gloire des peuples*
C'était donc une doctrine nouvelle que la philosophie du dix-huitième siècle inaugurait , quand elle ^ BoQSseau, Contrat social^ lîv. II, ch. vi.
8i HISTOIRE DU DIRECTOIRE.
plaçait là scmTerâiiioté dass la volofiié d« indmdusw QmeWe était la Talew do cette doctrine? — C'est voe questira qui ne veut pas de lougs débats.
On peut défier tous les phiiosophes d'expliquer ochii* DMEvI m» droit politique se troicve attaché à la paraonne d'un nidtyidu , par cela seul que cet individu eadifte. On pourrait compreodre an dix»t atocké à ta sagesse:, à la vertu, au savoir, en un mot, an droit attadié à un mérite; maie ce serait là déroger au dagme phSosopfaique de la so«iverai«etédes individus, dogne qui, sous le rapport des droits, met Ârisbote an rang d'un savetier, et Maro-Aurèle au rang d'un œalfaitear. Nous n'insistons pas sur Timmoralité d'une doctrine qui ne tient pas plus àe compte de Tesprit que de la sottise, de l'honneur que la honle, de la vertu qoe de la scélératesse; et nous nous bomoss à dire sim* plement qu'une telle doctrine est inintelligible, et que personne ne sauraîl faire comprendre oomineni un individu est souverain j uniquement pour arvoir prie, comme on dit, la p^e éa naître.
Mais il y a plus encore ; parvînt-on à expliquer comment un droit politique réside dans la vokmté d'un individu, que ni le droit de cet individu, ni le droit de plusieurs, ni le droit de tous ne saiir»t, par lui-même, constituer une souveraineté.
Si grand et si puissant que soit un homme, ou un sénat , il ne saurait jamais être en leur pouvoir de changer la nature des choses, de faire que te désordre soit ordre, que le faux soit vrai, qse riniqae soit