‹ Histoire du directoireChapitre 33 sur 241 · LIVRE CINQUiÈlIG. m · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUiÈlIG. m

juste. En disant que la vokmté de la natm est ta M ^lenoa^ne, Sieyèt ^ûiitfait : « Avant elle «t atMfesMs d'^He, il n'y a que le di oit nature ' . t Maîa^ proekhmer cfoe la volonté d'une nation a ainktns d'elle ta loi Batarelle» c'est^^dire la k)i à tacpieUe km Icb hmBixie& doivent obétmnce, a'eetr-ee pas proclaMer qu'une nation ne sanrail rien feire cta vatabie costre cette loi?

Ainsi donc , tes grands moi^ mm à part , ioote œtfe prétendue aottveraîiieté des indivîdw et des nirtkae se réduit à la foculté d'agir, sans porttr atteinte anx principes fondamentaux de ta véiité^ de ta morale et de la justice.

Était-ce ta peine de recourir à des phrases si pompeuees, pour expriaoer mie vérité si sijn|ria? On le voit y le droit avec lequel nous natasons tous^ c'est, non pas œlai de faire des loi» par un M»pla acte de notre volonté, maïs le dnnt de ekmtdier le vrai et le juste, sans lesquels il n'y a pas de im, avec l'obligation morale de tas suivre dans ta via pnblique, aussi bien que dans la vie {HÎvée»

Mais si l'expérience prouve qn'nn nonbiv coœidérable d'individus sont hors d'état de disc^nor le vrai do taux , l'utile du nuisibie , mAa^e dans l'étroite sphère de ta famille , combien n^y en ^t-il pas davantage qui seraient incapables d'avoir ce discernement dans la sphère de l'État ? « Comment une multitude aveugta, dit Rousseau , qui souvent ne sait ce

* Sieyès, Qu'est-ce que k Tiers-Étai? p. 79*

qu'elle veut, parce qu'elle veut, parce qu'elle fait rar^nent ce qui lui est bon, exécuterait-elle d'elle-même une entreprise aussi grande, aussi difiicile qu'un système de législation? De lui-même, le peuple veut toujours le bien; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours. La volonté générale est toujours droite; mais le jugement qui la guide n'est pas toujours éclairé.... Tons ont également besoin de guides... Voilà d'où naît la nécessité d'un I^islateur \ /) Paroles profondément sensées, qui montrent que le gouvernement d'une nation est bien plus l'effet de l'infirmité, que du droit des individus qui la composent.

Eh bien! au lieu de cette doctrine simple, modeste, vraie, qui montre que les nations, comme les individus, sont obligées à l'observation de la vérité, de la morale et de la justice ; qu'en tous les changements de gouvernements, d'administration et de police, dont les peuples sont incontestablement les maîtres , ils sont néanmoins tenus de choisir les formes les plus favorables à l'ordre, à l'équité, au bien commun ; que la volonté de tous et de chacun étant soumise à la loi naturelle , il faut chercher cette loi de bonne foi, en s'aidantdes conseils des meilleurs et des plus sages; -^ les philosophes et les politiques du dixhuitième siècle imaginèrent de mettre à la place de la souveraineté de Dieu , à la place de la souveraineté du vrai, du bon et du juste , la prétendue souverai-

i Rousseau, Contrat social^ liv. Il, ch. vi.

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