LIVRE SIXIÈME
blée unique, qui est tovijows plus ou moiM Tesdaye d'uQ parti.
La commission institua donc deux assemblées^ l'une ayant l'initiative, Fantre la décision* La première, composée de cinq cents membres, devait proposer la k» ; la seconde, composée àa denx ce»t cts* qoante membres, devait la voter. On donna à ces denx assemblées tes noms séparés àe Conseil des Cinq Cents et de Conseil des Anciens, eé le nom col* leetifde Corps L^isiatif.
La question de la résidence dn corps législatif a^ta el divisa ta commission des Onze. Le souvenir de t'irrésisiilde pression que lesctibs de Paris avaient exeriiéetj depuis 1789, sur les assemblées, était alors vivant dans to«s les esprits* TootefiEHs , on ne dédda rieo sur ee point, et Ton se borna à donner au con« seil des Anciens le droit de transférer le corps législatif dans telle localité qu'il jugerait convenable.
La souverainrté définie^ la qualité de citoyen réglée , le pouvoir législatif et le pouvoir exécwUf établis, Fun avec deux conseils ^ Taulre avec cinq personnes, restait Torganisation même de la France, c'est-à-dire l'administration proprement dite et la magistrature.
Depuis six ans, le bon sens de la France avait été dépravé, ou an moms égaré sur ces graves
lions. Comme si les lois et leur application n'étaient pas une science; comme si la direction administrative de tant d'intérêts, dans un aussi vaste empire que la France, n'exigeait pas de l'expérience et de la maturité ; enfin comme si THospital et d'Aguesseau , Colbert et Trudaine, avaient été des insensés, en élevant à un si haut degré de capacité et de garanties morales les deux grands c<H*ps de la magistrature et des intendances, la Constitution de 1791 et celle de 1793 décidèrent que les juges et les administrateurs seraient élus, sans grades, sans épreuves, sans précédents, sar la place publique, et au feu des enchères, entretenu par l'ambition et par les brigues.
Ce qui devait naturellement arriver, arriva. Les hommes que madame Roland nommait des intrigants de section et des braillards de club devinrent administrateurs et juges, à la même époque où des marchands de bœufs et des perruquiers deve* naient généraux en quelques semaines ^ .
A vrai dire, il n'y avait plus, depuis 1790, ni magistrature, ni administration. Tout était la proie des clubs, qui s'étaient emparés de la France.
Boissy-d'Anglas, Lanjuinais^ Daunou, Thibaudeau, ce qu'il y avait de plus intelligent et de plus honnête dans la commission des Onze, se sentaient bien quelque remords de maintenir ce désordre; mais ils n'osèrent
^ Carleaux, l'un des meilleurs, fut nommé, le même jour, général de brigade et général de division. Voyez les Mémoires écrits à SainU'Hélèn», par le général Gourgaud, 1. 1, p. 48.