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LITRE NEUVIÈME

rieures, dont le retentissement arrivait inoessamimBl à sa tribune par des pétitions ou des rapports^ répan* daient l'épouvante dans la ville et faisaient feram* partout les boutiques, les chanteurs de t'Opéra et les élèves du Ck>nservatoire de musique, réunis dans^» enceinte, exécutaient des symphonies et des cantatesi en V honneur des victimes du 81 mtiy qu'une bonne partie des membres de la Gonventicm avait livrées 9m bourreau.

« Je veux, disait Tallien, pleurer sur les màMS de Yergniaud , de CcHidorcet et de Camille Desmoolins ^ : y> comme si la musique avait été indispensable à l'acquit d'une dette si pieuse; et surtout, comme si, au lieu de pleura tardivement sur leurs mânes, il n'eût pas été beaucoup plus simple de ne pas les égorger!

L'attaque violente dont les hérauts avaient été l'ob^ jet, un arrêté nouveau de la section Le Pelletier, qu'elle avait, elle aussi, fait publier avec ses troin^ pettes, et dans lequel elle déclarait se plos veeon*-» naître désormais les décrets de la Convention, avaieul posé la question dans toute sa netteté; et c'est ainsi d'ailleurs que la Convention elle-même et ses oomitée le comprirent. La séance du soir, qui reprit vers sept h^ires^ fut dominée par ce sentiment, et l'on s'y ré* solut aux mesures extrêmes. Un comité spécial de

^ Moniteur du 7 octobre 4795, séance de la ConventioD da 8.

cinq membres, qui étaient Barras, Colombel, Daunou, Letoarneur et Merlin (de Douai), fut institué pour maintenir la tranquillité publique; et son premier acte fut d'ordonner le siège du Théâtre-Français, et l'enlèvement de l'assemblée électorale qui s'y trouvait réunie.

Alors s'accomplit un acte qui met dans son jour la moralité des partis politiques de cette époque. Les comités de la Convention avaient mis en liberté la plupart des bandits arrêtés après l'attentat de prairial. Ces hommes, qui avaient été pour la plupart mêlés aux violences et aux crimes de la révolution, oflfrirent leur concours au comité des Cinq, qui l'accepta. C'étaient des soi-disant vainqueurs de la Bastille, des pillards du 10 août, des assassins de septembre, des brigands qui donnaient le pouvoir aux factions, afin de garder pour eux le vol et le meurtre. On les arma le soir même, sur la terrasse des Feuillants et dans la cour du Manège, et on leur donna, pour tromper l'opinion publique, le nom de Bataillon sacré des patriotes de 89. Quelques-uns d'entre eux étaient des coquins si avérés et si infâmes , que le Bataillon sacré en eut horreur, et les chassa ' . « Ils semblaient, dit Real, rentrer dans leur patrie et reprendre leurs droits ^. » En effet, c'était bien ainsi que ces patriotes l'entendaient. Ils vinrent, à la séance du 25 octobre, demander à la Convention que tous

* Moniteur du 10 octobre 4795, séance du 6, rapport de Merlin. 2 Real, Essai sur les Journées des ^Z et M vendémiaire, p. 33.

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