LIVRE NEUVIÈME
par ces nies sar le chef-lieu de la section, vers hait heares da soir. Les sectionnaires avaient pris les armes; une partie postée dans les maisons environnantes, une autre rangée en bataille devant la porte de la section.
Le flux et le reflux des événements , depuis six années, avaient fait successivement et à Timproviste tant de vainqueurs et de vaincus , que l'esprit {K)litiqqe avait gagné les états-majors , et y avait détroit l'esprit militaire. On voulait bien se battre, mm on voulait surtout rester général, oonswver son chapeaa bordé, son traitement et ses chances d'avenir. Sur les trois généraux chargés de commander les colonnes dirigées vers la section Le Pelletier, le général Desperriëres écrivit, au dernier moment, qu'il venait de se mettre au lit avec la fièvre; le général Verdière resta au port d'armes; le général Menou entra en conversation avec le commandant de la section armée qu'il avait ordre de soumettre; et pendant qu'il parlementait ainsi avec la garde nationale, ses soldats reçurent la défense expresse d'insulter aucun de ces Messieurs K
L'issue d'une expédition militaire ainsi commencée étmt facile à prévoir et ne se fît pas longtemps attendre. Les trois colonnes reçurent l'ordre de se retirec *, sur la promesse des sectionnaires de se disperser
< Real, Essai $ur les Jûwmées des ^^ et H vendémiaire, p. 38 , 99, 40.
* La lettre suivanle , écrite par le général Meoouavrepi^éieataM
eax-mèmes; mais les troupes n'étaient pas encore arrivées à moitié chemin de la Convention, que les sectionnaires avaient repris leur poste de bataille, enhardis et fortifiés par la faiblesse et Tirrésolution que le pouvoir venait de montrer en leur présence.
La Convention était visiblement compromise et allait être perdue , si la fortune ne lui envoyait pas un général qui sût et voulût être purement et simplement un militaire, au lieu d'être un homme d État ou un philosophe. Elle fut assez heureuse pour trouver ce général à Tinstant même : c'était Napoléon Bonaparte.
Du siège de Toulon, où il était arrivé avec le grade de chef de bataillon d'artillerie, Napoléon Bonaparte alla, dans les premiers jours de mars 1794, avec le grade de général de brigade, prendre le commandement en chef de l'artillerie à l'armée d'Italie', et le garda jusqu'au mois d'avril 1795. Il
Thibaudeau, nous dispen-era de tracer le caractère de ce général : « L'Assemblée se réunit aujourd'hui à neuf heures. Il paraît qu*on y fera un rapport sur les sections. Trouvez-vous-y, afin que vous empêchiez qu'on ne prenne des mesures qui pourraient amener la guerre civile. Sagesse et fermeté. Tâchons d'arriver au but sans qu'il en coûte du sang. En gagnant du temps, on gagne tout. » — Tbibaudeau, Mémoires^ 1. 1, p. 211.
^ Voici la date des grades successifs de Napoléon Bonaparte : — Lieutenant en second au régiment de La Fère, artillerie, en 4785; rejoint à Valence au mois d'octobre. — Capitaine en 1789; quitte le régiment de La Fère, pour entrer au régiment de Grenoble, n® i. — Chef de bataillon d'artillerie en novembre 1793. — Général de brigade d'artillerie en décembre 1793, après la prise de Toulon. —