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LIVRE NEUVIÈME

vint alors à Paris solliciter de remploi auprès du comité de Salut Public, dans lequel la partie militaire était dirigée par Aubry . Le nombre des officiers généraux sans emploi était alors considérable; et Bonaparte, âgé de vingt-cinq ans, se trouvait le plus jeune des généraux d'artillerie. Après quelques jours de sollicitations, Aubry le porta sur le tableau comme général de brigade d'infanterie, et lui adressa l'ordre d'aller prendre en Vendée le commandement d'une brigade.

Bonaparte refusa ce commandement et envoya sa démission; mais, huit jours après, Kellermann s'était fait battre à l'armée d'Italie. Le comité de Salut Public, manquant d'officiers expérimentés et capables pour l'éclairer sur cette campagne, mit Bonaparte en réquisition comme général de brigade d'artillerie, et l'attacha, par un décret, à la direction des opérations militaires jusqu'à nouvel ordre.

C'est dans cette situation que le trouva le 1 2 vendémiaire.

Bonaparte était au théâtre Feydeau, à deux pas du couvent des Filles-Saint-Thomas, lorsque la nouvelle de l'étrange expédition du général Menou se répandit de toutes parts, et fit présager le triomphe des sectionnaires. Il se rendit aux tribunes de la Convention. Les plus violents et les plus grossiers dé- Général de division en octobre 1795, avec le commandement en chef de l'armée de Paris et de Fintérieur, après les journées de vendémiaire.

mentis y étaient échangés , selon le vieil nsage de TAssemblée, au sujet du général Menou et de sa conduite. Les trois commissaires, qui avaient eu leur part de fautes dans la mauvaise issue des mesures prises, s'en exonéraient autant que possible, et les conventionnels exaltés demandaient la mise en jugement du général Menou, dont Timpéritie prenait dans leur esprit les couleurs de la trahison. Le tumulte et Tindécision étaient extrêmes. Chaque parti mettait en avant le général qui avait sa confiance, et Bonaparte entendit prononcer son nom. Enfin, Bentabole, d'accord avec les thermidoriens, proposa Barras; et les comités furent chargés de faire, séance tenante, un rapport sur ce sujet à l'Assemblée.

Bonaparte, qui avait suivi ce tumultueux débat de sa tribune, se rendit au sein des comités réunis. L'idée que les représentants en mission près de l'armée de Toulon et près de l'armée d'Italie avaient donnée de la rapidité de son coup d'œil et de la décision de son caractère, fit reporter sur lui toutes les espérances des conseils. Il expliqua avec fwce l'inimrmontable difficulté qu'il éprouverait à prendre des mesures I^omptes et énergiques s'il était placé , comme Menou, sous la tutelle de trois représentants, avec lesquels il faudrait tout discuter. L'impossibilité d'écarter les commissaires, sans un débat dans l'Assemblée et une perte de beaucoup de temps, fit recourir à une mesure qui éludait les effets de cette tradition con^ ventionnelle. On imagina de nommer Barras gén^til

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