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LIVRE NEUVIÈME

manquait plus à la Convention et à son général que d'être attaqués.

La garde nationale de Paris portait depuis deux ans le nom de sections armées. Épurée après le 9 thermidor an II et après le 4 prairial an III, elle avait encore, aux événements de vendémiaire, un effectif de quarante mille hommes sous les armes. C'étaient de braves bataillons, bien exercés, et fort unanimes contre la Convention ; car tous les efforts de Tallien pour soulever le faubourg Saint- Antoine ne parvinrent à entraîner que deux cent cinquante hommes de la section des Quinze-Vingts, au secours de l'Assemblée *.

Le côté faible des sections, et ce qui amena leur défaite, ce fut leur défaut d'entente et de commandement. Le soir même du 1 2 vendémiaire — 4 octobre — elles n'avaient pas de chef.

Ce jour- là , arrivait par hasard à Paris le général Auguste Danican. Il avait jusque-là servi avec fidélité la République ; mais les décrets de fructidor l'avaient déterminé à donner sa démission à la tête de sa brigade, et cet acte de résolution avait attiré sur lui l'attention et la faveur publiques. Il se rendit le soir même à l'assemblée de sa section, qui était celle des Thermes, Tune des moins mal disposées envers la Convention ; et pendant qu'il y discourait avec feu contre l'armement des terroristes et des sans-culottes,

* Monlholon, Mémoires écrits à Sainte-Hélène ^ t. IH, p. US.

dont il avait été à même de conoattre le personnel et les habitudes pendant la révolution , une députation de la section du Théâtre-Français vint le prier de se mettre à la tête de son bataillon. Les dispositions qa'il prit, la décision |qu'il montra déterminèrent le comité central à lui donner, dans la nuit du 12 au 13, le commandement des sections réunies ^

Tel était le général d'aventure que les sections se donnaient, quelques heures avant d'attaquer la Convention. Il avait sous ses ordres un ancien officier de la maison militaire de Louis XYI , nommé Lafond- Souléy sans notoriété politique et sans autorité militaire.

La résistance de la section Le Pelletier en présence du général M enou , et quelques succès partiels obtenus, dans la nuit, par Danican, contre les détachements conventionnels, exaltèrent les têtes ardentes et chimériques de la garde nationale; et son général en chef ne la commandait pas depuis six heures , que déjà les esprits turbulents et indisciplinés avaient attaqué et débordé son autorité.

Vin.

Sans être on grand homme de guerre, Danican était un homme de bon sens. Il avait inspecté de très-près, dans la matinée du 1 3, les préparatifs faits par le généraly encore inconnu, qui commandait^sous Barras ; et il avait compris sur-le-champ que, de tous les

* Général Danican, le$ Brigands démasqués, p. 34, 36, 43.

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