‹ Histoire du directoireChapitre 57 sur 241 · LIVRE NEUVIËMB · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIËMB

de Paris. Il priait^ il conjurait les comités, au nom de rhumanité et de la patrie, d'épargner le sang français. Il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter l'horreur d'une guerre civile; ajoutant que, si elle avait lieu, eux seuls en seraient responsables en* vers la France et la postérité ^ »

L'officier parisien, reçu en parlementaire, les yeux bandés, suivant toutes les formes de la guerre, émut profondément les comités, par toutes les menaces qu'il crut devoir ajouter à la lettre dont il était porteur. La conférence (rainait en longueur. La nuit approchait; les sectionnaires gagnaient peu à peu les maisons les plus rapprochées; Bonaparte, affligé de cette inaction, faisait apporter dans la salle de la Convention huit cents fusils, des cartouches et des gibernes, pour une défense désespérée; et, à quatre heures, les comités, à demi vaincus, nommaient, selon la demande de Danican , vingt-quatre commissaires , chargés de jporter des paroles de paix aux sections, lorsque enGn des coups de fusil , partis des fenêtres de quelques maisons occupées par les sectionnaii:es, engagèrent la bataille et sauvèrent la Convention .

C'était là ce qu'attendait Bonaparte. Une pièce de huit, placée au cul-de-sac Dauphin, ouvrit immédiatement le feu sur les sectionnaires mas&és dans la rue Saint-Honoré et sur les marches de Saint-Roch, et ser.

1 Créoéral Danican, les Brigards démtuqu^fj p. 48.

vit de signal aux batteries du quai du Louvre. Il n'y avait pas, en effet, un instante perdre. Pendant que les Parisiens attaquaient , par le Carrousel et par la rue de l'Échelle, une forte colonne, commandée par Lafond-Soulé, et massée depuis quelque temps sur la place Dauphine, descendait le quai Voltaire, afind'en^ lever les ponts de vive force, et de plac«" la Convention entre <teux feux. Dépourvue de canons, et serrée en masses profondes, cette colonne, prise en tête et en flanc par la grosse artillerie des ponts et par la batterie du Louvre , fut écrasée et dispersée , après s'être reformée trois fois sous la mitraille \

Les sectionnaires de la rue Saint-Honoré, malgré leur bravoure, ne tinrent pas davantage. Le canon de la rue du Dauphin et de la rue de l'Échelle faisait de larges déchirures dans leurs rangs épais et serrés, par lesquels la rue était beaucoup plus encombrée que défendue. Quelques centaines de gardes nationaux essayèrent de résister dans l'église Saint-Roch et dans le théâtre de la République. L'église ne larda pas à être prise. Quant au théâtre, une batterie d'obnsiers, placée au Carrousel, l'eut déblayé en un instant; et à six heures Tarmée parisienne était en pleine déroute, sur les deux rives de la Seine.

La plus profonde terreur régnait au sein de la Cou* TentioB, pendant cette bataille, qui dura deux heures à peine, et dont risMie ne f«t p«s 'Ud iostaDt dou-

* Monlholon, Mémoires écrits à Sainte-Hélène^ t. El, p. 446.

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